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Otarie club

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7 mai 2012

Intégralement votre.

 

En tant que toute jeune diplômée de cette magnifique institution qu'est le permis moto, je me permet de vous donner à vous, novices du deux roues motorisé, un bref aperçu de ce qu'ont dû traverser ces fiers chevaliers des temps modernes pour en arriver où ils sont (dans le fossé).

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Avant, c'est comme ça que je voyais la moto. Mais ça, c'était avant.

D'abord la partie chiante comme la pluie : le permis moto s'étale sur 20h (en théorie, perso j'ai allègrement dépassé les 30) et se compose de deux épreuves. Le plateau où il faut évoluer hors circulation et la circulation où il faut évoluer … en circulation. Bien, tout ça a l'air très raisonnable me direz-vous et, il y a peu, j'aurai été entièrement d'accord avec vous, mais la réalité est toute autre ou, comme le dirait ce cher Fox Mulder, la vérité est ailleurs. Voici donc, en avant première, les impressions que notre très charmante et très intelligente reporter (moi-même) a recueilli sur le terrain, parfois au péril de sa vie.

Le plateau. Objet de la vie courante, généralement rond, il sert à porter des denrées alimentaires pour les amener d'un point A à un point B. Il s'épanouit en restaurant où il est très apprécié des serveurs à qui il apporte une aide considérable. C'est aussi la principale épreuve du permis moto et la hantise de tous ceux qui ont eu un jour des velléités de motocyclisme. Explication.

Toi, jeune fou, qui n'a jamais posé tes fesses sur un autre deux-roues que le vélo de ton cousin Paul, toi, jeune pucelle, chez qui la vue de ces tonitruantes machines du diable déclenchait immanquablement des petits gémissements de chatte effarouchée, toi, pour qui l'instinct de conservation a toujours été une notion très vague, oui, toi là, tu as un jour décidé d'engloutir tes économies dans autre chose que le dernier Iphone avec son application cafetière virtuelle qui te permet de nourrir tes Sims au Tassimo et tu t'ai acheté le permis moto. Permet-moi de te dire que tu vas vite regretter ton café pixellisé mais tu t'en rendra compte bien assez tôt. Plein de ta jeune insouciance, tu vas donc dans une auto-école où une charmante secrétaire à la langue bien pendue (elle a fait un BEP Coiffure, d'où sa volonté quasi obsessionnelle de meubler le vide avec des paroles, encore des paroles, toujours des paroles) qui t'expliquera ce qui t'attend et qu'il faut pas t'en faire, que le permis moto c'est finger in ze noise et autres considérations sur le temps qu'il fait et que la météo c'est plus ce que c'était ma bonne dame, etc. Rasséréné (et aussi un peu saoulé) par tant de blabla tu prend donc rendez-vous pour ton premier cours. Tu as franchi le point de non-retour, ton destin est scellé, si j'ose dire mais tu ne le sais pas encore. Tu vas ainsi plein d'un entrain tout juvénile à ta première leçon et rejoint le moniteur et tes compagnons d'infortune au garage pour récupérer les destriers avant d'aller au plateau.

Te voici donc en des lieux que tu apprendras rapidement à détester. Déjà, en tant que novice pur-jus tu y es arrivé en conduisant la voiture de l'auto-école alors que le moniteur pilotait TA moto. Un peu à la manière d'un parent maléfique qui agiterait un jouet sous le nez d'un enfant avant de le lui retirer aussi sec. Te voici donc, fulminant, humilié devant tes camarades qui, eux, ont eu le droit de venir avec leurs joulies machines, prêt à en voler une s'il le faut. Fort heureusement pour la virginité de ton casier judiciaire, le moniteur t'installe au guidon, moteur éteint (roooh). Les présentations commencent :

- Alors, là c'est l'accélérateur, le frein, l'embrayage. Là, au pied, c'est le sélecteur de vitesse, de l'autre côté c'est le frein arrière.

- Ah, il y a deux freins ?

- Bien sûr, et il faut répartir le freinage entre les deux. 70 % à l'avant et 30 % à l'arrière.

- Gnéé ? (notre envoyée spéciale a la vivacité du mollusque à 8h du matin. NDLA)

- T'inquiètes, on s'y fait.

- Admettons. (Trad : cause toujours). Et pour les vitesses, faut lever ou descendre le sélecteur ?

- Alors, c'est un peu particulier (ben tiens). Pour la première il faut baisser et pour les autres il faut lever. Et le point mort est entre la première et la deuxième.

- Humm, ouuuii. C'est une blague ?

- Non, non, c'est comme ça sur toutes les motos.

- Les constructeurs de motos sont des put... pitres.

- Bah, t'inquiètes, on s'y fait (bon, à ce moment là, on se fait à tout, même aux tournantes dans les caves d'un HLM, n'empêche que si on peut les éviter …). Et arrête de tripoter cette poignée, c'est l'autre qui tourne.

- Ah. Et la marche arrière, elle est où ?

- Hahaha … Heu ...tu ne plaisante pas ? Ben, heu, y en a pas.

- Ah.

Vous l'aurez compris, à ce moment là, le moniteur et moi-même envisagions sérieusement de mettre fin à nos jours et la suite nous apprendra que nous aurions dû saisir à la volée cette chance qui nous était offerte.

Durant les quelques minutes qu'ont duré cette affligeante conversation, je surveillais du coin de l'œil les autres élèves qui charriaient des plots et autres piquets en quantité industrielle comme autant d'employés de la DDE dopés (bah, oui, ils bossaient tous) tout en me demandant en mon for intérieur si je n'étais pas tombée sur une curieuse secte de motards/employés municipaux qui n'auraient eu d'autres buts dans la vie que de conduire des motos en portant des plots, ou de conduire des plots tout en portant des motos, ce n'était pas très clair dans ma tête. Une fois leur labeur terminé, les protagonistes eurent tôt fait d'enfourcher leurs machines (avec une grâce toute relative) et de s'engouffrer dans les labyrinthes ainsi créés, au ralenti, sur des motos toutes cahotantes, tant une moto c'est pas fait pour rester au ralenti. Sans déconner, si je n'avais pas depuis longtemps deviné que je devrai aussi en passer par là, je me serai volontiers foutu d'eux parce que ça vaut quand même le coup d'œil des motards tout équipés (blousons, casques, gants, pantalons, la totale) sur de joulies motos toutes rutilantes en train d'avancer à la vitesse d'une tondeuse tout en se contorsionnant pour ne surtout, surtout pas toucher un plot de 15 cm de haut. Malheureusement, le moniteur ne me laisse pas profiter du glorieux spectacle qui se déroule à quelques mètres de nous et m'enjoint à démarrer la moto puis à passer la première. Et là, le drame. La machine, bien que toute jeune, fait un bruit curieux du genre « tchong » et sursaute d'une manière inquiétante entre mes frêles jambes flageolantes. Persuadée, d'avoir cassé la moto et à deux doigts d'insulter le pauvre homme pour m'avoir demandé de faire cette belle connerie que de passer une vitesse, je me tourne vers le moniteur qui lit dans mon regard implorant toute l'ampleur de mon désarroi, aussi me rassure-t-il aussitôt « C'est normal, ça fait ça sur toutes les motos, mais c'est juste pour la première, les autres passent normalement ». Et là, je me demande ce qu'il a bien pu se passer dans la tête du bonhomme qui a un jour décrété que les motos feraient dorénavant une mini crise d'épilepsie au passage de la première. Au jour d'aujourd'hui, je ne le sais toujours pas. Faisant fi de mes appréhensions, le bourreau qui me tient lieu de moniteur me demande alors d'avancer en première au ralenti, puis de me réarrêter quelques mètres plus loin. Il ne se doute pas une seule seconde du vide incommensurable qui se loge entre mes deux oreilles. Je suis incapable de situer l'embrayage malgré ses explications, je suis à peu près sure que c'est la poignée de droite qui accélère mais ça demande vérifications et je n'envisage même pas une seule seconde de relever les pieds pour actionner le frein arrière. Mais,comme un brave petit soldat, je ferme ma gueule et m'exécute. Et ça ne loupe pas, la moto bondit en avant dans un grognement guttural (enfin, c'est comme ça que je l'ai ressenti, en vérité on a pas du dépasser la vitesse d'un homme qui marche), terrorisée, j'empoigne le frein avant et pile, la moto bascule doucement sur le côté et nous partons toutes deux au tas dans un bel ensemble dont certains cascadeurs devraient prendre de la graine. Voilà pour la petite anecdote du premier cours, si vous vous demandiez à quoi servent les arceaux soudés sur les motos d'école, sachez que c'est pour éviter d'avoir à en racheter une toutes les semaines à cause de tanches comme moi. La suite s'est déroulée sans incident notable, j'ai continué à faire des aller-retours épileptiques, les autres ont continué à tourner autour des plots pendant deux heures, bref, une bonne tranche de marrade.

Plus tard (comprendre 4 heures de cours et plusieurs chutes après), j'ai enfin pu rejoindre le groupe de ceux qui maitrisent suffisamment pour faire des slaloms à 5km/h (que de chemin parcouru !). C'est ainsi que j'ai découvert le parcours lent. C'est un slalom tarabiscoté dans lequel on s'engage sur une moto au ralenti et dont il faut ressortir sans toucher les plots. La force gyroscopique étant ce qu'elle est, plus une moto va vite, plus elle tiendra facilement droite. Autant vous dire qu'à 5km/h, c'est comme tenir en équilibre sur un rondin de bois qui roule (nos amis les japonais et leurs jeux télévisés ridicules savent de quoi je parle). S'ensuit alors une formidable partie de bowling avec la moto dans le rôle de la boule, des strikes, des chutes (à ce propos, ne JAMAIS freiner quand la roue avant n'est pas droite, sachez-le ça pourra vous servir) et des déceptions. Heureusement, comme impossible n'est pas français, j'ai fini par maitriser cet art de l'équilibre précaire qui emprunte au cirque quelques-unes de ses techniques légendaires et qui ne sont vraisemblablement pas sans rapport avec le ridicule affiché des clowns.

moto_en_situation

On dirait pas mais, là, il fait une pointe à 10 km/h. Le fou !

Mais le permis A ne saurait se limiter à cet exercice de patience, que dis-je, de pugnacité et comprend une autre épreuve : le parcours rapide. Le but étant de faire un slalom (oui, encore, ceux qui ont mis en place ces épreuves vouent une passion inavouées aux plots, je ne vois pas d'autres explications. C'est bien simple, s'il m'arrive un jour de croiser un chantier sur la route, je … je ne sais pas si je pourrais me retenir.) dans un délai imparti (entre 19 et 22 secondes. 3 secondes de marge, sympa les mecs). Alors comprenez ces pauvres motards mesdames et messieurs, dès le début de leur apprentissage ils ont un chrono à faire, ils ne comprennent tout simplement pas pourquoi plus tard ils n'ont pas le droit « d'essorer la poignée » comme on aime à le dire dans les bars PMU où se rassemblent ce genre d'individus. Ma témérité étant ce qu'elle est, c'est l'étape qui m'a donné le plus de fil à retordre puisque, comme chacun sait, plus on va vite et plus la chute est rude mais aussi, et c'est moins connu, plus on va vite, plus on dégomme de plots. Et à chaque fois il faut faire demi-tour, arrêter la bécane, la mettre au point mort (il n'y a pas d'indicateur du rapport engagé, juste une lumière qui s'allume quand tu es au point neutre et qui, parfois, ne s'allume même pas, ô joie), descendre de la machine, aller chercher le plot qui a volé dans le champs voisin, le remettre à son emplacement, récupérer la bécane, faire demi-tour et finir par rejoindre le moniteur qui t'expliquera pour la centième fois qu'il faut tourner plus tôt, bordel de mer... mercredi !!! Et toi de prendre un air penaud en disant que oui, oui, tu vas essayer. Et la fois d'après, rebelote, à la différence que tu n'a pas fait faire le baptême de l'air à un, mais à deux foutus plots que tu devra aller chercher dans les broussailles environnantes. Viennent ensuite les heures bénies où tu parviens à passer le parcours lent et le parcours rapide sans fautes et dans les temps et où l'avenir te sourit. Tu es présenté à l'examen que tu réussis de justesse mais tu t'en fous, tu l'as EU. Tu inaugures, sous le regard médusé de l'examinateur, une nouvelle danse de la victoire qui ne choque pas plus que ça ton moniteur parce qu'il commence à te connaître maintenant.

Puis viennent les heures de conduite. On t'assure à la moto-école que seulement 4 heures seront nécessaires, ce à quoi tu émets de sérieux doutes au regard des difficultés que tu as eu jusqu'à maintenant. Mais, non, non, ne t'inquiètes pas, 4 heures c'est largement suffisant, surtout si tu as déjà le permis B. Et, effectivement, c'est suffisant. On a rien fait. On a roulé sur la route en évitant les difficultés majeures, on s'est dévissé la tête pour bien montrer à l'examinateur qu'on faisait les angles morts. On a appris à se méfier des autres conducteurs qui sont des manchots aveugles et sourds, doublés de schizophrènes avérés. Et j'ai eu ce put... de permis. MAIS, je ne sais pas mettre une moto sur béquille centrale, je ne sais pas faire un démarrage en côte (le frein et l'accélérateur doivent être actionnés avec la même main. Je vous laisse réfléchir au problème que ça pose), je ne sais pas graisser la chaîne, et plein d'autres petites choses qui me serviront probablement un jour où l'autre. En revanche, je sais slalomer entre des plots dans un délai imparti extrêmement court. Me voici prête à partir à la conquête du monde au guidon de ma machine et, je vous préviens, aucun plot, aucun piquet ne saura m'arrêter. Jamais.

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 Je vous jure que c'est pas sain, tous ces plots.

 

 

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13 avril 2012

Faites des gosses, qu'y disait.

Notre société est régie par nombre de règles plus ou moins arbitraires que tout citoyen se doit d'appliquer pour s'intégrer convenablement et ne pas être mis au ban de la société tel le lépreux moyenâgeux. Parmi ces codes, l'un d'eux me touche de plus en plus, mon âge et ma fertilité avançant et me fais regretter le doux temps de l'adolescence où aucun souci ne pouvait être réglé par une bonne bouteille de Biactol.

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L'état "par défaut" du bébé. Aaah oui, ça fait rêver.

Une femme DOIT aimer les enfants et en vouloir dans les plus brefs délais. J'en veux pour preuve une des anecdotes qui m'ait arrivée récemment et que je vais m'empresser de vous raconter car si vous êtes là c'est que vous n'avez rien de plus intéressant à faire (quelle tristesse). Bien, alors j'étais au milieu d'une tablée d'une vingtaine de personnes qui constituent ma famille proche. L'auteur du plan de table avait eu la clairvoyance de me placer au milieu des hommes de la famille car je ne ressent que très peu d'attrait pour les discussions chiffons/bébé/bijoux dont sont friandes les femmes de cette assemblée. Nous étions donc en train de discuter de motos quand une de mes tantes éloignée a cru bon de me couper la parole au milieu d'une phrase très inspirée, je vous prie de le croire, pour me proposer d'accompagner les jeunes femmes de la famille qui émigraient en meute vers les toilettes du restaurant pour aller changer le bébé. En plein repas. Comme si un être normalement constitué pouvait apprécier d'interrompre un dîner ma foi fort agréable pour aller regarder ce formidable produit de l'être humain que sont les déjections. La tentation de réduire son museau en confettis sanglants m'a traversé l'esprit, je ne vous le cache pas, mais la vérité c'est qu'elle a réellement cru que cela me ferait plaisir, que je voulais vraiment m'entrainer pour quand je deviendrais une femme accomplie (traduction : quand j'aurai donné naissance à un parasite dont la seule préoccupation sera de me saigner tout mon temps et mon argent) et qu'elle était probablement elle-même passée par là.

Alors, je vous en conjure, arrêtez de nous dire que tout est toujours tout rose au pays de la maternité, on sait que les enfants c'est génial et que chaque instant avec eux vaut tout l'or du monde, mais on sait aussi que ça vous bouffe tout votre temps, que ça vous rend gaga et que ça vous dirige tout droit vers une existence ennuyeuse au possible où vous trouverez normal de rigoler des blagues de Reichmann dans Attention à la Marche. Où vous devrez vous lever à 6 heures du matin pour amener le petit dernier à l'école parce que les bus sont en grève. Où vous devrez passer vos après midi aux urgences parce que ce petit con ne supporte pas le lait, le chocolat, les brocolis ou tout autre aliment que vous devrez définitivement bannir de son alimentation, et de la votre. Où vous serez réveillé en pleine nuit par les pleurs du psychotique en herbe qui a faim/soif/fait un cauchemar/décidé de pourrir votre nuit et les suivantes jusqu'à ses trois ans. Où vous devrez vous coltiner leur père ou leur mère parce que les enfants de divorcés sont moins bien dans leur peau que les autres d'après le dernier Psychologie. Où vous serez continuellement tiraillé par des questions existentielles telles que « Suis-je une bonne mère ? », « Puis-je l'enfermer dans la cave quand il fait un caprice ou les voisins risquent-ils d'alerter la DASS ? » ou encore « Combien de temps puis-je le conserver au frigo avant de devoir acheter un congélateur ? ». Autant de questions qui attendent le parent naïf qui aura cru aux mensonges racontés par toute cette frange de la population qui semble prendre très à cœur la démographie française et considérer que le taux de natalité du pays (12,9% en 2010. Youhou ! On a le plus fort taux d'Europe ! La fierté m'étreint) est de leur ressort. Ces personnes qui nous parlent sans discontinuer de leurs enfants qui font leurs nuits, qui sont sages comme des images, qui se conduisent bien et qui n'ont jamais fait aucun caprice. Non mais, sans déconner les gars, ils sont drogués vos mômes, avouez-le.

Alors, oui, j'ai beau me répéter que c'est pas grave, que chacun a le droit de penser ce qu'il veut et que les gens mentent tout le temps pour sauver les apparences, hé ben ça m'énerve que quiconque a le malheur de dire qu'il ne veut pas d'enfant, ça vire au scandale direct. Non, on n'a pas tous pour but dans la vie de se marier, d'acheter une maison et d'avoir des enfants, non on n'a pas envie de se créer des mini-clones qui auront une vie aussi pourrie que la notre, sinon plus et non, on ne pense pas que se reproduire soit une fin en soi, juste le début (de la fin). Alors, siouplait, comprenez qu'on ne veuillent pas donner naissance dans un monde qui se barre doucement en cacahouète, qu'on préfère passer notre temps sur Internet qu'au milieu des couches usagées et qu'on accepte de ne laisser aucune trace de notre passage sur Terre puisque, de toute façon, enfants ou pas, faut pas se leurrer, vous serez vite oubliés.

8 avril 2012

Vers et autres nuisibles ancestraux

Il est de ces formes d'expression que tout le monde envie

Je veux bien sûr parler de la poésie

Langage obscur et complexe au premier abord

Mais qui dévoile vite ses formes faites de plaqué or

Vulgaire métal sous l'habit de précieux atours

L'illusion est belle, elle vaut le détour

Fausse difficulté sur décevante réalité

C'est ainsi que la poudre, aux yeux nous est jetée.


La poésie, sujet complexe de part sa diversité, ne cesse de faire des émules. Apparue dans l'Antiquité, le but premier de cette forme d'expression est sa mémorisation facile grâce au rythme qui lui est donné par les rimes et les vers. Elle est donc la cousine de la musique qui, à son instar, privilégie la forme au fond, ce qui crée des propos parfois hasardeux tant il est difficile de faire rimer certains mots de notre époque. Vous ne me croyez pas ? Ok, alors « Natixis ». Vous avez 40 secondes. Ah bah oui, faut être réactif.

Elle se présente sous plusieurs formes, du poème pur et dur du XVIème siècle qui a traversé les âges porté par l'illusion du plus grand nombre, au haïku japonais dont la concision ferait pleurer des larmes de joie au créateur de Twitter, en passant par le slam qui est le moyen d'expression privilégié des grandes personnes malades. Ses formes ont évoluées au fil du temps et, rendue malléable par quelques esprits égarés, elle s'est ouverte au plus grand nombre. Depuis, les aspirants poètes pullulent, sur Internet et ailleurs, dans le but d'exorciser des plaies béantes de leur mal-être les encombrants sentiments qui les accablent. Et c'est ainsi que l'on peut savourer les essais calamiteux de certains qui, faute de compétences orthographiques, arrivent à matraquer en même temps la poésie et la langue française. Bien sûr, ce ne seront pas ceux-ci que nous étudierons ici, ce serait comme s'attaquer à des chatons à la sulfateuse, mais nous nous intéresserons à des classiques de grands noms de la poésie.

La beauté de Charles Baudelaire :

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s'est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l'azur comme un sphinx incompris ;
J'unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j'ai l'air d'emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d'austères études ;
Car j'ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

Bien, alors. La beauté est faite pour inspirer au poète un amour muet. On peut dire que c'est aussi rapé qu'une carotte de Bonduelle car si M. Baudelaire s'était tenu muet, nous n'en serions pas là. La comparaison de la beauté avec un sphinx incompris me choque un tantinet quand même, déjà parce que le sphinx est une créature mythologique fruit du croisement d'une femme, d'un lion et d'un oiseau et est donc relativement éloignée de la beauté humaine telle qu'elle est définie par les puristes (bien que les zoophiles puissent amèrement regretter l'inexistence d'une telle créature) et ensuite parce que la beauté est très liée à la personne qui la considère en tant que telle. Si elle n'est pas reconnue, ou, pour reprendre le vers, incomprise par l'observateur, elle n'existe pas à ses yeux. Mais c'est vrai que « incompris » rime bien avec « ris » alors on s'en fiche que ça veuille dire quelque chose ou non. Ah, la joie de faire passer la forme avant le fond …

Sur la même lignée, l'union que nous propose l'auteur du cœur de la neige avec la blancheur des cygnes me paraît un chouïa abstraite tant il est difficile de situer le cœur sur l'anatomie de la neige (de nombreux skieurs téméraires s'y sont essayés en s'immergeant sous des avalanches mais il semblerait que le résultat n'est pas été à la hauteur de leurs attentes). Et puis, le cygne étant un oiseau relativement frileux car migrateur, je doute que cette union soit consentante. Peut-être est-ce un moyen très détourné de dénoncer les mariages forcés ? Si oui, nous venons de tomber sur le seul poème engagé de Charles Baudelaire qu'il m'a été donné de lire.

Mais ce farceur de poète ne s'arrête pas là avec les phrases improbables et arrive à placer que la beauté hait le mouvement qui déplace les lignes. Sans doute fait-il référence au temps, pire ennemi du superficiel, qui creuse de profonds sillons dans les peaux matures ? Ou alors alerte-t-il l'opinion sur les dangers des tremblements de terre qui agitent les sismographes ? C'est tout le problème avec les écrits poétiques, tout y est sujet à interprétation, le message perd son sens en même temps qu'il gagne sa supposée musicalité. Et on se retrouve avec un texte tellement incompréhensible que certains en arrivent à le déifier, comme si le rendre inabordable le rendait supérieur (les programmeurs de Windows Phone ont d'ailleurs essayé cette approche, avec le succès que l'on connait).

De même, la phrase « et jamais je ne pleure et jamais je ne ris », particulièrement désagréable à lire ou à entendre, n'est tournée de cette manière que pour respecter le rythme du texte, au détriment de la logique, et, petite remarque insignifiante, elle ne veut rien dire. La beauté n'est qu'un concept, je ne vois pas comment une notion pourrait être capable de pleurs ou de rires. Mais je ne suis pas poète et mon âme n'est chargée que de bêtes pragmatismes alors qui suis-je pour critiquer pareil monument à la gloire des métaphores alambiquées ? Personne, on est d'accord, mais la liberté d'expression étant ce qu'elle est, nul ne peut s'opposer à ma parole. Mouahaha (rire diabolique) !

Là où l'auteur a vu juste, c'est dans les quelques vers qui suivent et qui disent que les poètes passeront leur temps à étudier la beauté (certes) mais, et c'est Charles Baudelaire qui l'écrit, je le rappelle, en vain. Comme quoi cet homme, bien que friand de tournures de phrases calamiteuses, avait un regard très lucide sur l'utilité de son travail : nulle. En voilà un homme de bon sens !

Mais le summum de ce poème réside dans ses trois derniers vers où il est dit que la fascination des poètes pour la beauté résidera dans ses yeux (non, pas de commentaires, ça devient lassant) aux clartés éternelles. Hé oui, la clarté des yeux, un phénomène relativement peu connu puisqu'une seule personne a souffert de cette pathologie récemment, un certain Cyclope, acteur de son état, qui a joué dans quelques films. Mais si, vous voyez qui c'est ...

cyclope

La clarté oculaire, pathologie qui s'accompagne automatiquement du tic dit du connard qui règle son oreillette au lieu de parler dans son téléphone comme tout le monde.

Cessons maintenant l'analyse de ce poème, car d'autres merveilles nous attendent par delà les atomes et le temps et retrouvons un autre poète, et non des moindres, puisqu'il s'agit de Victor Hugo.


Bêtise de la guerre


Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l'animal,
Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

Nous voilà donc avec un poème relativement engagé puisque critiquant la guerre. Le geste est beau tant les poètes préfèrent habituellement s'attaquer à des proies inoffensives (l'amour, la beauté, les fleurs, les saisons et toutes sortes de choses ne prêtant pas trop à controverse). Donc, la guerre nous est présentée sous le bien joli nom de Pénélope car, comme chacun le sait si c'est mal c'est forcément féminin (UNE épidémie, UNE tempête, UNE croisade, UNE machine … Les machines vont nous envahir, révisez vos classiques bon dieu ! Matrix, Terminator, ça ne vous dit rien ?). Donc Pénélope est une garce qui berce le chaos et là attention, il y a du lourd, où le néant oscille. Sachant que le chaos est une sorte de bordel (pas au sens maison close, hein), et que ce foutoir est constitué de matière (sinon il ne serait pas), je cherche encore comment le néant, qui lui ne contient rien, d'où son nom, pourrait y osciller. Non vraiment, même en faisant des efforts d'imagination énormes, je ne parvient pas à voir comment un univers parallèle (le néant) pourrait osciller sur le chaos, vraiment pas. Peut-être est-il posé en équilibre sur un chaos de pierre ? Raah nan, mon esprit n'est pas assez affuté pour percevoir toute la grandeur de cette phrase.

Et la suite n'est guère rassurante sur cet état de fait puisqu'on peut lire que la guerre est flétrie. Comment est-ce possible ? La notion de guerre serait racornie ? Même en partant du principe que c'est une métaphore, ça voudrait dire que la guerre va sur son déclin, ce qui invaliderait tout le poème qui est un vibrant appel à la paix. Pfff, non vraiment, je ne comprend pas. Des idées ?

Plus loin, l'auteur fait référence à une clarté plus noire que la nuit et là, le déclic. La poésie, c'est de faire des adjectifs qui contredisent leur sujet. Exemples : un café décaféiné, un mort vivant, de l'eau sèche, des œufs carrés, une ivresse sobre … Les possibilités sont infinies et nous ouvrent un boulevard vers la gloire et la reconnaissance éternelle à l'instar des quelques hommes et femmes qui ont traversé les siècles au travers de leurs poèmes, grâce à cette technique que nous baptiserons la « qualification contradictoire du sujet par un adjectif opposé » (ou QCSPAO pour les utilisateurs chevronnés).

article_zombie

Les morts vivants, l'inspiration idéale pour le poète en herbe.

L'auteur valide d'ailleurs cette hypothèse en faisant référence au hasard de la guerre, dont l'issue, justement, n'est pas trop dépendante du hasard mais plutôt des armées, des ordres donnés, de la météo et autant de choses qui sont facilement maitrisables, sauf pour la météo avec laquelle on a encore quelques menus problèmes (mais ça ne devrait plus durer longtemps).

En revanche Victor Hugo obtient une mention spéciale pour son vers « si pour le bestial tu chasses l'animal » qui est clair, concis et bien tourné. Probablement la célèbre exception qui confirme la règle, que beaucoup cherchent mais que peu ont eu le bonheur d'approcher. C'est bien le seul vers de ce texte qui m'inspire quelques envies pour la poésie, autant dire que c'est pas vraiment une réussite ...

Cessons ici la critique de cette œuvre sur une note positive et allons voir ce qu'il se passe du côté de chez Arthur Rimbaud.


Le buffet

C'est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;

Tout plein, c'est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d'enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand'mère où sont peints des griffons ;

C'est là qu'on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.

Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s'ouvrent lentement tes grandes portes noires.

buffet_meuble

Aah, beau buffet, que caches-tu derrière tes portes opaques ?

Afin de contraster avec le poème précédent qui traitait d'un fait grave et universel, en voilà un qui aborde un sujet pour le moins inhabituel puisqu'il s'agit des vieux buffets. On saluera déjà l'inspiration nécessaire à l'auteur pour tirer autant de vers d'un meuble autrement qu'avec de l'insecticide. Salut qui ne vivra malheureusement pas longtemps quand le lecteur lambda s'apercevra de la pauvreté du message qui donne à penser que si les vieux meubles ont effectivement une âme, elle est restée cachée à ce bon monsieur, et surtout des multiples répétitions (vielles vieilleries, parfums x3, …) qui nous ouvrent les yeux sur le manque de vocabulaire flagrant de cet homme, pourtant reconnu. Mais intéressons-nous de plus près à ses vers. Le grand âge apporte un air très bon aux vieux. C'était peut-être vrai en 1880 mais ça ne l'est, à l'évidence, plus car il n'est pas rare de croiser, au détour d'un hospice ou d'un bateau de croisière, leurs visages aigris par les mille tourments que leur a infligés la vie et dans les yeux la soif perverse d'en faire profiter les jeunes générations, à la manière d'un étudiants humilié pendant son bizutage qui n'attend que la venue de nouvelles générations pour passer du côté du bourreau. Mais peut-être est-ce simplement l'époque qui veut ça et peut-être M. Rimbaud avait-il un regard plus tolérant à l'égard de ces contemporains ? Nul ne le saura.

Par la suite nous apprenons que ledit buffet renferme pleins de chiffons, vieilleries et de femmes ou d'enfants (!). Des enfants dans le buffet ? Monstre ! Encore, dans le congélateur je veux bien, mais dans une armoire faut pas déconner non plus. Avec la putréfaction galopante qui colonise les corps, c'est un coup à attirer toute la vermine du coin (mouches à merde, cloportes, voisins soupçonneux, flics …), j'en ai moi-même fait l'expérience avec mon premier amant alors vous pouvez me croire, c'est vraiment pas une bonne idée. Le mieux reste le formol, si on tient absolument à garder des souvenirs mais là encore je le déconseille étant donné la difficulté de faire disparaître lesdites preuves en cas de descente de flics. Nan, le mieux c'est quand même l'acide, comme aurait dû le savoir ce noob de Arthur. Vraiment, quel incapable !

Mais passons sur les inepties criminelles (bah oui, imaginez qu'un jeune adepte de cette belle discipline qu'est le meurtre de sang froid tombe sur ces écrits. Finir en taule à cause d'un poème, quelle honte) de ce monsieur et continuons notre lecture. On apprend que, selon cet homme, les buffets contiennent plus généralement des mèches de cheveux (qui sont aussi des preuves accablantes, attention les jeunes) que de la vaisselle ou des torchons. Encore un exemple de la nature dépravée de ce bonhomme qui avait besoin de souvenirs pour pouvoir, selon toute vraisemblance, se masturber dessus. Pervers. Honte de la profession. Résidu de crotte de lama. Et estimez-vous heureux, je pèse mes mots.

Le dernier paragraphe s'illustre par cette magnifique phrase « Et tu voudrais conter tes contes » qui est un parfait exemple de la pauvreté du vocabulaire de ce monsieur qui a été infoutu de trouver un synonyme à contes ou à conter alors que c'est pas le bout du monde de placer un malheureux « histoires » ou « souvenirs », mais non, faut croire que c'était trop dur. D'autant plus que aucun des deux ne fini la phrase, il n'y a donc aucune obligation au niveau des rimes. M'enfin, on parle là de Arthur Rimbaud, hein, c'est pas comme s'il était connu pour ses poèmes lui. Raah, arrêtons si vous le voulez bien parce que je m'énerve, je m'énerve, mais à ce rythme, on va y passer la nuit.

La poésie, cette discipline permissive, a vu beaucoup d'aspirants frapper à ses portes, mais peu s'y sont illustrés tant il est difficile pour le commun des mortels de publier, en toute connaissance de cause, de telles fadaises. Elle demande beaucoup d'humilité et un abandon total de son amour-propre dont seuls sont capables certains maitres parmi les poètes, êtres chimériques que leur capacité à baver des merdes plus grosses qu'eux ont fait passer à la postérité. Nous venons de voir quelques unes de leurs œuvres les plus célèbres et l'incrédulité qui en résulte chez le lecteur attentif est le fruit du travail de plusieurs âmes besogneuses, dépensant sans compter leur temps à trouver LA tournure de phrase hasardeuse qui plongera les générations futures dans des abîmes de réflexion. Y a pas à dire, c'est vraiment du travail de pro.

 

1 avril 2012

Les merveilles

Roman ayant rencontré un franc succès, Les Merveilles de Claire Castillon s'est retrouvé, par un curieux phénomène impliquant l'absorption de drogues dures et l'abandon de tout esprit critique, dans mes mains. Que dire à propos de cet ouvrage ? D'abord la couverture, qui montre deux chiens, dans un port, avec un grand bateau en arrière plan. On verra au fil de ces lignes que, si il est effectivement question d'un chien dans l'histoire, il n'y aura point de bateau, ni même de port, ni quoi que ce soit qui ai un rapport avec la mer, l'océan ou un quelconque plan d'eau. Il semblerai donc que la maison d'édition ai pris la première photo de chien libre de droit qu'elle ai trouvé. Ça commence fort. La quatrième de couverture présente brièvement l'héroïne, jeune femme dérangée qui cache à son mari sa situation d'escort-girl. Le résumé se termine par la phrase « C'est une histoire qui finit mal. ». Voilà, lecteur avide de suspense, tu sais déjà comment ça fini, avant même d'avoir entamé la lecture. C'est vrai que la plupart des gens choisissent un bouquin en fonction de la fin. Moi-même, quand je trouve un livre qui me plait, je lis les 10 dernières pages avant de l'acheter, histoire de savoir à quoi m'en tenir. Si il est vrai que ça gâche un peu l'intrigue des Agatha Christie, cela me permet d'abolir toute surprise de mes lectures, chose qui risquerait de rendre les livres intéressants. Bref, le décor est planté, une prostituée folle et une histoire qui finit mal. Huuum … à vue de nez, je dirai que ça se termine en suicide ou en meurtre d'un client, mais je peux me tromper, hein !

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Bon, attaquons la lecture.

Evelyne, jeune adolescente tout ce qu'il y a de plus normal, nous présente sa famille et sa vie. Sa mère travaille dans un magasin de bricolage, bien qu'elle n'y connaisse rien, et son père est représentant en vernis et parcours le pays pour vanter les mérites de Vernisseau, le meilleur des vernis (sic) ! La famille possède un jeune chien, affublé du doux nom de Lulu. Jusque là, rien de bien exceptionnel, me direz-vous, mais accrochez vous, ça va virer au gore sans prévenir.

Un 1er mai, le père de Evelyne rentre d'un de ses déplacements et se fait engueuler par les voisins parce que le chien n'arrête pas de gueuler. Pris de folie, il va attacher le chien à la boule d'attelage de la voiture et le trainer sur plusieurs centaines de mètres sur le bitume. Vous étiez prévenus, hein. Lulu qui, par on ne sait quel miracle, est encore en vie, est gravement écorché et a perdu une patte dans l'aventure. Ce tragique incident va marquer un tournant dans la vie de la petite Evelyne et entrainer l'effondrement de sa santé mentale. A partir de là, la narration va devenir très hachée, reflet de la folie qui se propage sous le crâne de l'adolescente. Si l'on peut lui reconnaître un certain réalisme, il faut avouer que le récit en devient plus obscur et complexe, tant se mettre dans la peau d'un fou demande un certain effort pour la plupart d'entre nous. On rencontrera ainsi, en plein monologue intérieur, des passages tels que celui-ci :

« C'est le tournevis dans le cœur quand ça me remonte, c'est la vrille, et mes milliards de cloches qui me défont le cerveau. Je me fous que le milliard de voix recommence à gueuler dans ma tête mais j'aime bien quand je reprends ma voix beige rosé d'avant, ça fait des vacances entre deux orchestres. L'orchestre tout le temps, je sais pas ce que ça va donner dans la vie, l'ambivalence, oui, non, les deux dans la même seconde, la sinusoïde, ... ».

Et bien d'autres aperçus du bordel qui s'agite sous les cheveux de l'ado et qui rendent la lecture désagréable et irréelle tant des termes comme ambivalence et sinusoïde ne se retrouvent pas tous les jours dans la bouche des jeunes de 12 ans. Ça reste quand même embêtant si, en lisant les pensées de quelqu'un, on est incapable de s'y projeter, m'enfin, j'en sais pas grand chose, je suis pas un écrivain encensé par la critique, moi.

On retrouve Evelyne plus loin, qui nous explique les problèmes sexuels de ses parents car, comme dans beaucoup de couples, passé un certain temps, madame ne veut plus. Sa mère, qui surnomme son vagin, son rond, a connu moult problèmes physiques et psychiques qui l'ont dégoutée de la baise, chose qui est devenu un problème familial quand monsieur a eu une aventure avec un rond mineur (amusant, on dirait une note de musique : ron ré mi fa sol la... Bon, on se concentre). Quand je dis familial, c'est que même les oncles s'en mêlent, autant vous dire qu'il doit y avoir de l'ambiance à Noël, mais passons.

Plus tard, Evelyne, qui a colonisé le cagibi pour s'en faire une chambre afin de s'éloigner au maximum de son père (très symbolique tout ça), nous raconte comment elle en est arrivée à frapper sa mère avec un marteau en lieu et place de son géniteur. Parce qu'elle lui parlait d'organiser une fête d'anniversaire pour sa chère et tendre fille, qu'elle lui proposait un millefeuille et autres attentions charmantes. Tant de bonté a rendu Evelyne folle, elle a attrapé un marteau et frappé sa mère, la paralysant sur tout un côté. Voilà pour ce qui est de prouver la folie galopante de la demoiselle. Ça, s'est fait. Du moins, je crois que c'est ce qu'a pensé l'auteur en introduisant ce passage très bref et pas vraiment à l'image des ressentiments de la petite vis à vis de sa mère, qu'elle méprise, elle et son rond fermé, mais qu'elle ne hait pas. On mettra ça sur le compte des voix qui sont décidément bien pratiques.

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Un nouveau concept de chi fu mi : rond, marteau, ciseaux. Ca va faire un carton.

La vie suit son cours dans la famille, on apprend que Evelyne a un petit frère, elle nous raconte son rituel du soir qu'elle semble respecter à la lettre et l'omniprésence de la frustration sexuelle de son père, petites choses sans importance au milieu de lourds fardeaux, voilà un bref résumé de la psychologie de la jeune fille telle qu'elle nous l'est racontée. Oui, c'est un peu le bordel mais en lisant le récit introspectif d'une dérangée, fallait s'y attendre. L'appétit sexuel de son père l'amènera à quitter sa femme pour une kinésithérapeute, dont il se séparera peu après, mais il ne reviendra pas dans le foyer et s'installera chez ses frères, les fameuses fouines qui se mêlaient de la sexualité du couple, des gens charmants.

La séparation donnera un regain d'énergie à sa mère, qui retrouvera sa féminité, mais le repos sera de courte durée puisque monsieur reviendra, sous les supplications de … Evelyne. Pourquoi ? Pourquoi vouloir que son père, qu'elle hait, dont la présence semble endeuiller la maison tant il y est détesté, qui a trainé son chien derrière une voiture, revienne ? Même dérangée, on pourrait s'attendre à ce qu'elle fuit cet homme comme la peste, puisqu'elle n'a pour lui aucun amour, filial ou pas. Mais non, elle l'encourage à revenir et à se réinstaller dans le train train quotidien de la maisonnée.

Comme on pouvait s'y attendre, la vie morose reprend son cours, sous le giron de son père. Evelyne connait des difficultés à l'école, montre certains penchants sadiques mais parvient à faire illusion. Elle propose, bénévolement, à une de leur voisine de garder sa fille attardée tous les mercredis, chose qui lui apprendra le self-control et la patience. Hormis ça, 5 pages remarquablement inintéressantes sur les réflexions que se fait l'ado vis à vis de la bêtise. Perso, j'appelle ça du remplissage.

Un soir, son père reçoit un de ses collègues, Joe Vandaire et sa femme, Marie-Noëlle. Mère et fille sont subjuguées à l'extrême par ce couple. La première par Joe Vandaire et sa tranquille assurance de mâle dominant, l'autre par Marie-Noëlle et son goût sûr en matière de mode. L'adulation que porte la mère de famille à son homologue est impressionnante, elle applique à la lettre tous les conseils que celle-ci lui a prodigué, s'habille comme elle et répète à qui veut l'entendre tout le bien qu'elle pense d'elle. Une bien belle caricature pour monter qu'elle est hautement influençable. Sa fille, elle, tombe rapidement amoureuse de Joe, à tel point qu'elle souhaite la mort de sa femme pour pouvoir prendre sa place. A 13 ans. En voilà une qui ne doute de rien. Si tu savais ma petite …

Pour parvenir à ses fins, elle va lui faire croire qu'elle a 17 ans et s'arranger pour se retrouver en soirée avec lui, en suivant son père sur l'une de ses tournées régionales pour le boulot. Père qui est parti de son côté troncher une représentante en marbres. Oui j'utilise des mots crus, mais je ne fais que m'adapter à l'ambiance du texte. Les charmes de la gamine auront raison de Joe qui se la fait à l'hôtel, toujours persuadé qu'elle a 17 ans. A l'évidence, les implications pénales de ses actes ne l'effleurent même pas et il s'endort du sommeil du juste, pendant que Evelyne se tire, des étoiles plein les yeux et la moule. Voilà pour ce qui est de l'entrée de la petite sur le territoire du cul.

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Un peu de lecture, Joe ?

Au détour d'une conversation téléphonique entre son père et Joe, ce dernier apprend qu'elle a en fait 13 ans. Traumatisé par cette nouvelle, il menace de mort Evelyne pour qu'elle la ferme. La môme, qui n'est pas la dernière des déconneuses, lui annonce qu'elle est enceinte. Le désarroi qu'elle lit sur son visage la remplit de joie, lui procure plus de plaisir que le sexe lui-même et lui donne à dire que, dorénavant, ce serait sa façon d'aimer. Faire du mal. Merveilleux.

La vie continue pour Evelyne, elle entre au lycée mais s'en fait virer parce que niveau connaissances elle est un peu légère mais surtout parce que ses jambes le sont plus encore (légères, suivez un peu). En manque d'argent, avec son père de plus en plus rapiat pour les médicaments du chien, elle se fait embaucher dans un club de strip-tease où elle découvre la facilité pour une fille pas trop pudique de se faire du pognon. Malheureusement, peu après, Lulu meurt. Complètement ravagée, Evelyne quitte la maison familiale pour aller vivre sa vie et rencontre celui qui deviendra son mari, Luiggi, pizzaiolo de son état. Luiggi, qui refuse qu'elle fasse des strip-teases et qui préfère la voir faire des ménages au Macdo et avec qui elle aura rapidement un enfant, Ophélie. Je vous rassure, dans le bouquin aussi ça passe en accéléré. Elle quitte la maison, pifpafpouf boulot, mari, enfant. Brrr, heureusement que c'est pas comme ça dans la réalité.

Peu après son accouchement, notre héroïne se fait engager comme escort-girl, bien qu'elle raconte à Luiggi qu'elle bosse à l'usine (ce n'est qu'un demi-mensonge quand on y pense, si ce n'est que c'est pas des produits qui passent à la file mais des clients). Ses passes s'enchainent, jours après jours, dans une routine immuable. Étonnament, la gamine qui pétait un câble pour un oui ou pour un non, la semi-psychotique qui a battu sa mère avec un marteau fait preuve d'une forte empathie envers ses clients, disant qu'il ne faut pas leur en vouloir de leurs travers, que c'est indépendant de leur volonté, etc. Alors, je ne connais pas grand chose à la folie hein, mais j'aurais tendance à penser qu'une prostituée instable et avec un lourd passé de violence se dégouterait rapidement des hommes dans un tel milieu, mais non. Au contraire elle les comprend. Booon, ok, admettons. On a ainsi droit à quelques anecdotes de passes, pas vraiment croustillantes mais au moins intéressantes que je ne vous raconterais pas parce que c'est pas mon but que de plagier le livre, je critique, c'est pas pareil. Dans tous les cas, elle montre une tolérance incroyable à toutes les saloperies dont se déchargent les hommes avec elle. Un ange, on vous dit. Mais un ange qui se rend petit à petit compte combien son homme est limité intellectuellement et qui regarde vers de nouveaux horizons. Nouveaux horizons qui se matérialisent en la personne de Daniel, un de ses clients, jeune cerveau au chômage mais toujours en quête d'inventions géniales. Une mine de connaissances qu'il lui rabâche toute la journée et auquel elle trouve un charme indéniable. Elle est d'ailleurs bien la seule puisque cet homme est le stéréotype même du M. Je-Sais-Tout qui raffole du son de sa voix.

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Daniel, dans toute sa splendeur ... Oui, ça fait rêver.

L'intelligence de son client le rend si irrésistible à ses yeux qu'elle accepte de le voir gratuitement. Une routine s'installe entre eux deux, il fait le chauffeur et l'amène aux quatre coins de la ville pour ses passes, puis elle s'envoie en l'air avec lui entre deux clients. Oui, oui, pas de repos pour les braves, elle doit faire au moins trois ou quatre clients par jour, elle a un mari qui l'attend à la maison et qui doit avoir aussi quelques envies, et par dessus ça, elle prend un amant. Hé bé, elle a la santé la petite.

La proximité de cet homme, si cultivé, si intelligent, lui fait ressentir toute la misère intellectuelle qui règne dans son foyer, avec un mari légèrement bovin et une gamine pas très fut-fut. Alors les rendez-vous se succèdent, apportant dans sa vie la lumière et l'érudition qui, jusqu'ici, lui manquaient. Le fait qu'elle ne comprenne pas tout ce qu'il lui dit ne semble être en rien un obstacle, elle n'imagine pas un instant qu'il puisse la mener en bateau avec des théories vaseuses, elle boit ses paroles comme un bédouin s'abreuve auprès d'une oasis tant attendue. C'est beau … et incroyablement long. L'auteur répète maintes fois combien son héroïne est amoureuse, combien elle admire cet homme qui radote tout ce qu'il peut et combien elle est heureuse avec lui. Un petit intermède se profile quand on apprend que sa fille a eu des vers. Cet événement, certes pas très ragoûtant mais on a déjà vu pire, va la dégoûter de Ophélie, elle l'empêchera de s'assoir pour ne pas qu'elle se frotte les fesses sur une chaise et s'engueulera avec son mari pour ça. Je ne préfère pas imaginer comment cette mère exemplaire aurait réagi si sa fille lui avait ramené des poux. Probablement l'aurait-elle empêché de rentrer dans la maison. Fort heureusement ce n'est pas arrivé et la gamine est juste privée de chaise. Ouf.

Peu après, alors que sa vie commence à se barrer gentiment en couille cacahouète, notre prostituée préférée réalise que son cher amant, certes très instruit, est un imbécile qui lui parle sur un ton condescendant, la rabaisse et surtout, veut quitter sa copine pour elle. Mais, guère tentée de passer ses vieux jours avec un prof sénile, radoteur et au chômage (tout pour plaire), elle cherche un moyen de revenir sur sa promesse qu'elle lui avait faite un jour de folie de quitter Luiggi pour s'installer avec lui. Pendant ce temps, Daniel se fait plus insistant, plus présent, elle en arrive doucement à le détester, lui, sa bite, ses connaissances et ses monologues savants. Tout ce qu'elle aimait chez lui se transforme en haine pure, d'autant plus qu'elle s'est rabibochée avec Luiggi et que son couple est reparti comme sur des roulettes. Raah, ces femmes, de vraies girouettes …

La mort de son père survient pendant cette période là, elle retourne à la maison familiale pour les obsèques accompagnée de Luiggi et de sa fille, qui ont retrouvé une intelligence tout à fait banale, merci de le demander (dieu qu'elle est versatile !). Un coup de téléphone de Daniel va marquer la rupture entre eux tant il se désintéresse totalement de la mort du père d'Evelyne pour parler de lui, lui et re-lui.

Elle décide donc, après son retour, de lui donner rendez-vous sur un parking pour rompre. Bien entendu, le bougre ne se fait pas avoir et fait ce qu'il sait faire de mieux, la saouler de paroles sans même s'arrêter pour reprendre son souffle. Et c'est là que Evelyne, à bout de nerfs, toute empathie, tous sentiments envolés, va commettre l'irréparable … Elle le tue d'un coup de couteau dans la nuque.

Fin.

Le soulagement est tel que les larmes me montent aux yeux. Je n'aurai jamais cru avoir la force de venir à bout des quelques 237 pages que compte ce monument à la gloire de l'introspection autiste. Entre les phrases hachées, les grandes considérations pour des détails mineurs (oui, détails ET mineurs, ça fait vraiment très petit mais c'est le but), l'illogisme de l'héroïne qui s'en prend à sa mère qui ne lui a rien fait mais qui n'en veut pas aux hommes qui la tronchent à longueur de journée, les changements d'avis répétés et les oublis, je n'imaginais pas revenir indemne de ce voyage intérieur dans la psychologie supposée d'une personne dérangée. Mais les faits sont là, attestant qu'il est possible d'y survivre. Bon courage à vous, lecteurs, qui vous aventurerez sur ces chemins de la perdition.

Pour rappel, quelques critiques qui m'ont encouragé à acheter ce livre :

L'express , le 19 janvier 2012

Pour son onzième roman, Claire Castillon détruit joyeusement les codes et les cadres. Jubilatoire.

Le Monde , le 06 janvier 2012

Ces confessions sont bouleversantes. Ajoutons encore qu'elles sont souvent douloureusement drôles. La merveille, c'est qu'on y croit !

29 mars 2012

La magie d'Internet

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C'est beau Internet. Royaume du partage, de la solidarité, de l'entraide, on y trouve tout ce que l'on cherche, tout ce que l'on ne cherche pas et tout ce que l'on aurait jamais pu imaginer y trouver. Véritable encyclopédie mondiale, la toile recense tout ce que la Terre a porté, le pire comme le meilleur, sans distinction et fait, de ce fait, un excellent sujet d'étude pour les sociologues de tous poils qui se repaissent de la liberté d'expression que donne l'anonymat, tout relatif certes, d'Internet. L'internaute est jeté dans un océan d'informations,de blogs, de pornos, de forums et peut, de liens en liens atterrir sur une vidéo de Nyan Cat alors qu'il venait juste consulter les horaires des trains partants de Montjoie-la-Jolie. Internet est aussi un traître qui peut avaler vos journées à la manière d'un serpent avalant une souris, en silence et dans l'indifférence générale. Paradoxalement, alors que le Web est un lieu de partage, ceux qui y consacrent le plus de temps donnent l'impression de se replier sur eux-mêmes, de se couper du reste du monde et acquièrent la dénomination de no-life. Ce qui voudrait dire que le temps passé sur Internet est dépensé en pure perte. C'est bien sûr faux. Même se connecter à Facebook n'est pas intrinsèquement inutile, on peut tout de même y apprendre lesquels de nos amis sont fans des Pépito® ou quelle est leur Tortue Ninja préférée. De telles informations qui permettent à tout un chacun de juger du degré lamentable de maturité de ses amis ne peuvent être considérées comme inutiles tant elles font du bien au moral. Pour en revenir à Internet, qui ne saurait se limiter au plus connu des réseaux sociaux, voici un petit résumé de ce que j'ai pu observer durant mes immersions quotidiennes et qui doit représenter environ 0,00005 % (en tapant large) de ce que la toile a à offrir.

Les blogs

Petits sites personnels, ils sont la vitrine que chacun souhaite exposer au reste du monde. Très représentatifs de leurs auteurs, ils permettent au visiteur de se faire rapidement une idée précise de la personne qui a écrit les lignes qu'il lit. Ainsi, la majorité des skyblogs déclenchent une forte envie de suicide par ingestion d'un Bescherelle chez toute personne ayant dépassé le niveau CE2, les autres se contentant de se cramer les rétines sur les GIF animés qui pullulent dans les bas-fonds de ces endroits peu fréquentables. C'est pourquoi nous ne nous attarderont pas sur cette engeance maléfique d'Internet qui est aux blogs ce que le porno gonzo est au 7ème art.

Donc, les blogs. Il en existe de plusieurs sortes. Les blogs personnels qui ne concernent que la personne qui écrit et un groupe restreint d'amis qui s'intéresse aux tribulations de ladite personne dans ses rocambolesques aventures avec le caissier du Monoprix de Triffouillis-les-Oies (tribulations, rocambolesques... Oui, je fais un carton au Scrabble).

Les blogs art-déco qui exposent les travaux pas toujours très inspirés de personnes comme vous et moi, à la différence que celles-ci vouent un culte malsain aux perles. A mon humble avis, c'est une symbolique de l'acte sexuel soulignant un profond déséquilibre œdipien, mais pour ce que j'en sais, ça pourrait aussi bien être représentatif d'un traumatisme juvénile impliquant une tortue et des épinards. Je vous demanderai donc de ne pas tenir compte de ce que j'ai écrit, à la manière d'un juge de série américaine qui demande au jurés de ne pas tenir compte de ce qui vient d'être dit « Ah, ben non, mon gars, je viens de l'entendre, je peux pas faire reset et repartir de zéro ». Bref, trêve de digressions.

On peut aussi trouver des blogs thématiques qui, comme leur nom l'indique, ne parlent que d'un sujet. Ça peut être la politique, le cinéma, les livres, tout un tas de chose qu'il convient d'analyser, commenter, critiquer jusqu'à ce que la vox populi ait été entendue jusque dans les plus hautes sphères. Les commentaires de ce type de blogs sont souvent les scènes de fabuleux débats mêlant mauvaise foi, arguments racistes, comparaisons douteuses et autres affabulations dans un épique combat numérique. Et on touche maintenant à une particularité, à mon sens extraordinaire, du Net : tout prête à débat. La moindre phrase malheureuse, le plus petit détail peut déchainer les internautes qui se jetteront dans la bataille armés de leur seule verve pour faire triompher le bon sens. Ça, c'est beau et c'est, selon moi, le meilleur argument en faveur de l'anonymat sur Internet. Je m'explique. Là où, avec des amis ou des collègues de travail, vous fermez les yeux sur quelques paroles loufoques, stigmatisantes ou simplement bêtes dans le but de ne pas les froisser, sur Internet vous pouvez vous lâcher ! Personne ne vous connait et vous ne connaissez personne, la seule trace que vous laisserez sera une énigmatique adresse IP ! Quoi de mieux pour enrichir le débat qui, sinon, aurait plafonné à « Je considère que, à mon humble avis, mais qui n'engage que moi, et en fonction de l'hygrométrie sud africaine au XIX siècle, un Marc Lévy pourrait, éventuellement, servir à caler une table bancale » ? Quelle magnifique chose que l'anonymat …

Au détour d'un lien, vous pourrez aussi tomber sur des blogs BD. Très souvent drôles, plus rarement engagés mais toujours distrayants, ils sont un passage obligé pour le visiteur qui s'intéresse aux blogs. On pourra bien sûr citer Boulet, le plus connu, mais ils sont des centaines à faire partager leur talent sur la toile, et ça serait vraiment dommage de les louper.

Voilà un bref et non exhaustif résumé de ce que compte la « blogosphère » comme se plaisent à l'appeler certains. J'ajouterai que nombre de blogs sont mieux écrits et plus intéressants qu'une grande partie des livres qu'il m'a été donné de lire, qu'ils respectent plus l'environnement que leurs cousins imprimés et qu'en plus, on peut harceler l'auteur pour qu'il se grouille de trouver une suite à ses écrits. Que d'avantages !

Le troll

Être magique s'il en est, le troll se nourrit de haine et d'eau fraiche, bien que certains témoignages prétendent qu'il leur arrive de consommer de la pizza quand leur côté machiavélique s'estompe, mais je ne crois pas à ces ragots. Les trolls, qui sont parfois dénommés haters, bien que de légères différences séparent les deux espèces, ont pour particularité de créer la polémique sur les forums ou les chats qu'ils décident de coloniser. Ils vont, par quelques phrases douteuses, détourner le sujet du débat et en abaisser le niveau afin de perturber l'équilibre établi entre les participants. Cette race d'internaute est d'ailleurs à l'origine de la règle d'Internet Don't feed the troll qui semble être la seule à même de les calmer un petit peu, et encore.

Le point Godwin

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Du nom de son inventeur, la loi Godwin énonce que plus une discussion dure sur Internet, plus elle a de chances de dériver vers des comparaisons avec le nazisme. L'interlocuteur ayant fait ce rapprochement considéré comme abusif se verra attribuer un point Godwin et aura perdu le débat. A voir vos yeux ébahis, je vois que cela mérite quelques explications. Tout d'abord il faut que la comparaison soit fausse, sinon il n'y aurait aucune raison de perdre un débat en faisant simplement référence à un fait historique, ensuite pourquoi uniquement sur Internet ? Probablement parce que, comme on le remarquait plus haut, les gens ont tendance à se laisser aller à des propos disons .. osés quand ils sont protégés par l'anonymat. Malgré tout, cette loi (qui n'en est pas une vraie, hein) est utilisée de manière récurrente sur certains sujets et les points Godwin y sont distribués à tir larigot pour des arguments, à priori, recevables. C'est pourquoi, je vous en prie, réfléchissez deux minutes avant de distribuer ces points à n'importe qui sous prétexte qu'il a mentionné le IIIème reich dans un débat sur l'immigration.

Les mèmes Internet

Merveilleuse particularité de la toile, un mème est une image, une vidéo, une phrase qui est relayée, modifiée, sortie de son contexte par un nombre exponentiel d'internautes jusqu'à ce qu'elle devienne omniprésente. On pourra citer le savoureux « Mer il et fou ! » écrit par un chateur particulièrement inspiré qui est devenu emblématique de la surprise tant son orthographe et son sens obscur cristallisent ce que le net compte de pire.

Le rickroll qui consiste à poster un lien à priori en rapport avec le texte mais qui pointe sur le clip de Never gonna give you up de Rick Astley. On dit alors que l'internaute a été rickrolled. Encore un superbe exemple de l'absurde logique qui règne sur la toile où un humour bien particulier s'est développé, au détriment du bon sens.

Les même faces sont des dessins remarquablement moches qui servent à illustrer des petites BD représentant des situations de la vie courante. On trouve ainsi rage guy énervé par un plantage de son ordi, challenge accepted qui, comme son nom l'indique, accepte un défi et bien d'autres expressions communes. Ces mèmes, laids, très rarement drôles et omniprésents polluent une toile déjà bien massacrée par certains utilisateurs désœuvrés. Je propose donc leur éradication définitive, quitte à rétablir la peine de mort s'il le faut. Vous l'aurez compris, les mèmes faces sont à la culture web ce que l'Eurovision est à la chanson européenne, le fruit probable de l'imagination délirante d'un cocaïnomane.

memes faces

Voilà voilà ...

Il existe un nombre grandissant de mèmes et en faire l'inventaire complet serait une corvée à laquelle je refuse de me plier. C'est pourquoi je vous dirige sur le site de Titiou Lecoq, l'excellent Girls and geeks, qui est à l'affût de tout ce qu'il se passe d'intéressant sur le net. Mais, pour ne pas vous laisser désemparés devant la masse de trucs absurdes, répétitifs et plus ou moins drôles que compte cette catégorie, voici mon préféré, l'adaptation techno de la phrase du film 300 : THIS IS SPARTA ! Un joyau parmi les mèmes, qui vous fait perdre en moyenne 3 neurones par écoute, à diffuser en boucle donc.

Doctissimo

Royaume de l'hypocondrie, le site Doctissimo peut, à partir du plus banal symptôme, extrapoler jusqu'à arriver au diagnostic de cancer en phase terminale, maladie vénérienne ou rupture d'anévrisme imminente. De fait, les forums de ce site ressemblent étrangement aux épisodes de Docteur House, la canne et la barbe de trois jours en moins. Ça reste un passage distrayant pour tout internaute qui se respecte, bien que la lecture prolongée des forums puisse entrainer l'apparition d'étranges symptômes. Ce ne sont que des manifestations psychosomatiques dues à l'exposition régulière aux hypocondriaques 100% pur beurre qui y ont élu domicile. Éteignez l'ordinateur et allez prendre l'air (quelle curieuse expression, prendre l'air. C'est pas l'homme qui prend l'air, c'est l'air qui prend l'homme, lalala lala lala …Voilà, vous aussi vous l'avez dans la tête maintenant. De rien.).

Facebook et Twitter

facebook-twitter

Réseaux sociaux mondialement connus, le premier permet de retrouver des amis, de draguer et de se tenir au courant des menus détails qui font le sel du quotidien de notre entourage. On peut ainsi apprendre qui a mangé une pomme, à quelle heure, qui va sortir le chien, qui va voir quoi au cinéma, autant d'informations qui font la joie des voyeurs et des dépressifs qui peuvent ainsi se rendre compte que si leur vie est terne, ce n'est rien à côté de celles de leurs amis. Le seul bon point que j'accorde à Facebook est pour son calendrier d'anniversaire qui est quand même bien pratique mais en dehors de ça, je ne lui trouve qu'un intérêt très limité.

C'est pourquoi passons directement à Twitter, qui n'est pas non plus le top du top mais qui permet de suivre des personnes un peu plus intéressantes que Mélanie qui vient de poster 374 photos dans l'album MOoîï. Sur Twitter, l'axe principal c'est l'information, sous toutes ses formes. Les phrases malheureuses des politiques, les projets de lois liberticides, les nouveautés technologiques y sont relayées à une vitesse incroyable. En une journée, tous les utilisateurs de Twitter sont au courant d'un événement, tout le monde a donné son avis dessus, toutes les blagues ont été faites, tout ce qu'il fallait dire a été dit, tout ce qu'il ne fallait pas dire a été dit aussi, on en a fait le tour complet plusieurs fois, il reste plus qu'à chercher une nouvelle information. Malheureusement, le principal problème vient du site lui-même qui ne permet aux contributeurs de s'exprimer qu'en 140 caractères, soit une limite qui laisse quand même peu de place à l'argumentation. Attention toutefois, pour ceux qui souhaiteraient se créer un compte maintenant, en période électorale Twitter devient relativement chiant et pinailleur avec la politique. Ne vous inscrivez que si vous êtes assurés de pouvoir tolérer la décortication d'une phrase ou d'un programme par un nombre important de personnes, l'engagement omniprésent d'un membre qui pourrait se jeter sous un train pour soutenir son candidat préféré ou les blagues faites et refaites sur les propos de Nadine Morano (mais je reconnais que c'est tentant tant la cible semble se prêter au jeu).En revanche, vous serez incollable sur l'actualité, chose qui reste très intéressante à l'heure où BFM TV préfère broder sur les probabilités de survie de Mohamed Merah en extrapolant sur le nombre de boites de conserve qu'il a emmagasiné au lieu de parler du renversement du gouvernement au Mali.

Comme je vous le disait plus haut, le Web est immense, et en faire un résumé, même incomplet, est une gageure. C'est pourquoi je vous encourage à l'explorer par vous même, en suivant les liens au hasard, et peut-être qu'un jour vous tomberez, entre un site porno et un forum sur la culture du haricot vert en intérieur, sur une pépite comme celle-là, qui m'a valu plus d'éclats de rires que tous les sketchs humoristiques qu'il m'a été donné de voir. Une dernière recommandation, sortez couverts, ça m'emmerderait que vous chopiez un virus par ma faute, vous risqueriez de devoir vous connecter à Doctissimo.

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26 mars 2012

Voitures (du moins, ça s'en rapproche).

La voiture. Simple moyen de transport pour certains, compensation virile pour d'autres, elle est l'attribut essentiel qui cimente notre société, et accessoirement, nous permet d'aller au travail tous les matins (sauf pour les parisiens, coucou à eux, ça vous fait pas trop chier de passer un SMIC dans le loyer ?). Grâce à l'imagination dopée à l'Algoflash des designers, elles existent sous une multitude de formes et de couleurs qui permettent à tout un chacun d'affirmer son absence de jugement critique et son goût immodéré pour les malformations congénitales. Explications.

 Le Fiat Multipla.

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On notera spontanément les petits phares ronds qui parsèment la calandre de cette chose comme autant de furoncles mal placés. Mais les surprises ne s'arrêtent pas là, avec la découverte d'un « bourrelet » (je ne vois pas comment le définir autrement) qui longe le pare-brise. L'utilité d'une telle tumeur reste pour moi obscure puisque ça doit pas être tip-top pour l'aérodynamique et esthétiquement n'en parlons même pas. Je pense que les fertiles cerveaux qui nous ont pondu ça devaient avoir dans l'idée qu'elle marquerait les esprits. Ils peuvent être fiers, leur bébé a dépassé leurs espérances les plus folles et a été sacrée l'une des voitures les plus moches par certains êtres éclairés. Moi-même, quand il m'arrive de croiser une de ces créations infernales, je me ratatine sur mon siège en plongeant les yeux dans le vague et en murmurant « plus jamais ça, plus jamais ça, plus jamais, … »; comportement qui a tendance à choquer mes passagers mais que je suis dans l'incapacité de réfréner tant le traumatisme est grand. Heureusement pour nous, êtres de bon goût, ces machines se dirigent inexorablement vers leur extinction prochaine mais, et c'est là une grande tragédie, la relève est assurée.

Le Chrysler PT Cruiser.

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Doté d'une dénomination pour le moins incongrue, cette voiture est qualifiée tantôt de SUV tantôt de break voire de compacte. Avec ses proportions aléatoires et son utilité peu évidente, les meilleurs experts sont incapables de classer correctement ce fleuron de l'industrie américaine qui se distingue par une volonté de faire pleurer rétro tout en innovant. Une telle hybridation a conduit à une calandre basse, dotée d'une grande entrée d'air qui suffirait à refroidir une centrale nucléaire, à des petits phares en amande, eux-même soulignés par un passage de roue titanesque comparé au gabarit de la voiture. Bref, on sent bien que quelqu'un a merdé avec les proportions sur cette affaire là. Mais le plus beau reste quand même à voir à l'arrière puisque, du fait de sa dénomination de break/SUV, on pourrait s'attendre à ce qu'elle rattrape son inélégance par un grand coffre mais que nenni ! Elle a le cul plat d'une vieille 2cv, le charme des voitures anciennes en moins. En bref, un bon zéro pointé pour une idée de départ qui avait quand même de sérieuses chances de fonctionner. Il suffit de voir le succès que rencontre la Mini pour comprendre que le rétro peut plaire.

Le Nissan Juke.

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J'ai une théorie selon laquelle les dessinateurs de Nissan ont été lâchés, sous l'emprise de stupéfiants, dans un magasin de jouets pour enfants (si, il existe des magasins de jouets pour adultes, mais c'est pas du tout le même registre) avec pour consigne de s'en inspirer pour le Juke. Le résultat est effrayant : des phares désolidarisés comme sur le Multipla, des trous dans le pare-choc (?), des formes rebondies et un gros bloc optique saillant sur le capot. Pourquoi ? Telle est la question qui monte aux lèvres quand on croise pour la première fois le regard de cet engin. Eh bien la réponse est que, comme le dit si bien le proverbe : sans les nuages, on n'aurait pas plaisir à voir le soleil. De même, sans le Juke, nous ne savourerions pas la vue d'une BMW série 5 comme nous le devrions. Et ça, c'est ce qui rend cette voiture belle, sa laideur.

La Renault Twingo.

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Fruit des amours interdits entre un Compass et une Ford Ka, la nouvelle Twingo se distingue de son aïeule par une esthétique encore plus moche (et c'était pas gagné d'avance, ça, tant le niveau était haut). Deux petits feux ronds sont comme incrustés dans la carrosserie, les phares sont très espacés entre eux, lui donnant un regard de poisson rouge et un liseré noir met en valeur la jonction du capot et de la calandre (?) et surtout le logo du constructeur pour le cas où on n'aurait pas encore compris qui a bien pu sortir une telle merde insulte au bon goût. Sortie en octobre 2011, ce restylage sauvage ne semble pas rencontrer un franc succès puisque je n'en ai encore croisée aucune (dieu m'en préserve) mais il me semble que le risque est encore grand que certaines personnes, prises de folie, ne l'acquièrent d'ici à son remplacement, prévu pour 2014 (allez, plus que deux ans à tenir !).

Sur ces entrefaites, et pour ne pas vous laisser désemparés devant tant de laideur, voilà une jolie image à laquelle vous pourrez repenser ce soir en vous endormant pour oublier le traumatisme que n'aura pas manqué de créer cet article. De rien, c'est cadeau.

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19 mars 2012

Juste un instant (de torture)

Au gré de mes pérégrinations sur la toile à la recherche d'un site à railler, et je vous prie de croire qu'il y a de la matière, je suis tombée sur le nouveau clip de Matt Pokora : Juste un instant. Difficile de rendre un résumé correct de toutes les émotions qui m'ont submergées suite au visionnage de cette ... chose, la honte, la consternation, la désolation ont uni leurs forces pour me faire perdre foi en l'espèce humaine. Elles ont réussi, là où les documentaires sur la Shoah, les émissions télévisées, les terroristes et les politiques avaient échoué. Mais comme je suis bien brave, je vous en fait profiter aussi.

D'abord les paroles, qui ne méritent même pas un article à elles seules tellement elles sont vides de sens.

Oh oh oh oh, oh oh oh
Même avec tout l’or du monde, y a des choses qui ne s’achètent pas
Oh non, Oh
Tout c’que les années nous volent, rien ni personne ne nous le rendra
Oh, non
Donne-moi un peu de toi avant que tout s’en aille
Donne-moi un peu de toi et je serai de taille
Donne-moi la main qu’on arrête le temps
Et juste un instant, que toi et moi
C’est peut-être maintenant que s’écrit notre histoire
Oui juste un instant, danse avec moi
Avant que la vie nous file entre les doigts
Je veux t’entendre chanter, Oh oh oh oh, chante avec moi, Oh oh oh (x2)
Et même avec les aiguilles d’une montre, on ne recoud pas le passé
Oh non, oh non
Ha, on remet à plus tard l’amour mais demain ne nous est pas donné
Oh non, oh non
Donne-moi un peu de toi avant que tout s’en aille
Donne-moi un peu de toi et je serai de taille
Donne-moi la main qu’on arrête le temps
Et juste un instant, que toi et moi
C’est peut-être maintenant que s’écrit notre histoire
Oui juste un instant, danse avec moi
Avant que la vie nous file entre les doigts
Je veux t’entendre chanter, Oh oh oh oh, chantes avec moi, Oh oh oh (x2)
Je veux t’entendre chanter, hey (x3)
Je veux t’entendre chanter, Oh oh oh oh, chantes avec moi, Oh oh oh (x2)

Le temps perdu ne se rattrape pas, il nous file entre les doigts, faut se dépêcher de s'aimer avant qu'on soit vieux (attention, gros mot), chantes avec moi, chantes avec moi, chantes avec moi (t'as raison mon gars, tu l'auras à l'usure) et autres oh oh oh qui restent dans la tête mieux que ça. Bref, je vois pas trop ce que je pourrais écrire pour l'enfoncer plus, il se débrouille très bien sans moi.

Maintenant, le clip, accrochez-vous, c'est du lourd.

Matt Pokora est tranquillement en train de boire une substance indéfinie dans une grande ville américaine. Allez, je vous aide, ça commence par New et ça fini par York. Sûr que ça aurait rendu moins bien à Bressols, mais merde, quoi, faut produire FRANCAIS on a dit ! Bref, MP, qui arbore avec fierté tête de jeune premier, tatouages de gang et lunettes de fashion victim (ce mec est une antithèse à lui tout seul) croise le regard d'une créature sexuellement compatible. Ses hormones en sont toutes émoustillées, son taux de testostérone s'emballe et le transforme en gros lourd. Alors, là mesdemoiselles, j'en appelle à votre expérience. Que font les gros lourds quand ils vous draguent ? Ils vous suivent, vous sifflent, vous proposent d'échanger une nuit d'amour contre un Macdo, une pipe contre une cigarette (ça se tient quand on y réfléchi), vous insultent quand vous leurs répondez que vous préfèreriez vous taper un renard mort pour finir par s'en retourner auprès de leurs potes se tabasser et cracher des mollards. Mais MP, lui, pour draguer il a une toute autre technique, que j'appelle la parade du pantin. Il court après sa victime en sautillant et en agitant bras et jambes comme une marionnette désarticulée, au risque d'éborgner un passant (la prime de risque des figurants a été doublée pour cette scène). Voyant que ces conneries déambulatoires ne séduisent pas la demoiselle, il va lui piquer son café puisque, comme chacun sait, le vol à l'arraché est une technique de drague fortement appréciée dans certains milieux. Milieux dans lesquels le futur mari doit d'ailleurs réussir le jeu des 7 clochettes pour mériter la main de la donzelle. Bref, une technique comme une autre, mais qui, en l'occurrence ne remporte pas un franc succès puisque madame le lui retire aussi sec. Jamais se mettre entre une personne mal réveillée et un café, jamais.

Qu'importe, cela ne dérange pas notre jeune ami qui a plus d'un tour dans son sac. En effet, celui-ci croise inopinément des potes à lui qui ont justement une choré sous le coude au cas où. S'ensuivent dix longues secondes de gesticulations qui ferait passer n'importe qui pour un gland. MP n'échappe pas à la règle et se ridiculise tranquillement en pleine rue. Étonnamment, la jeune femme n'est pas séduite par le mouvement « je fais style de m'accouder à un bar invisible, c'est trop classe » et passe son chemin, en ayant la gentillesse de ne pas leur signifier son profond mépris à l'aide de jets de légumes. Ça tient, à mon humble avis, au fait qu'elle n'a pas de légumes sous la main, sinon je ne vois pas comment elle aurait pu résister.

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Dédé ! Une autre binouze steup !

La traque continue donc jusqu'à un taxi dans lequel elle s'engouffre en toute hâte mais, las, MP a le temps de la rejoindre. Tous deux se téléportent donc dans le rayon frais d'un supermarché. Oui, vous avez bien lu, ils descendent du taxi et atterrissent dans le congélateur d'un magasin. Okaaay. La course poursuite reprend entre nos deux héros mais n'est apparemment pas assez stimulante pour MP qui s'empare d'un caddie. Pourquoi ? Mais pour faire de nouvelles conneries avec, voyons ! On va donc le voir pousser le caddie avec le pied comme un gamin de 10 ans sur sa trottinette (on voit le public qui est visé hein), monter dedans et se faire balader par une mamie qui passait par là, le tout en chantant que le temps file et ne s'arrête pas. Sauf peut-être dans ta tête, ça s'est arrêté il y a un bout de temps, mon joli.

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Trop bien de faire les courses avec mamie !

La pitoyable cavalcade prend fin dans une fête foraine, où les charmes de notre chanteur national ont eu raison des réticences de la belle (huum, no comment). On les voit donc s'enlacer, jouer à des jeux d'arcade, se courir après et autres mièvreries ridicules. M'enfin, fallait s'y attendre hein, après ce qu'on a vu jusqu'à maintenant.

On assiste à une nouvelle téléportation quand la jeune femme pousse MP dans le sable chaud de cette fin d'après midi qui les transporte sur une plage, au milieu d'une fête improvisée, sous un superbe coucher de soleil. Tous les clichés du genre sont réunis pour clôturer ce magnifique clip et permettre à tout le monde d'aller se coucher au son des oh oh oh et autres je veux t'entendre chanter.

 Capturemp2

Plage, coucher de soleil, jeunes ... on sait où ça va finir ça.

Le soulagement est tel que le monde retrouve de ses couleurs petit à petit que les derniers échos de la musique s'éteignent. Mais les images resteront gravées, cruelles réminiscences de cet instant de folie qui m'a poussé à appuyer sur play. Plus rien ne sera comme avant ...

 

15 mars 2012

Sondage, mon beau sondage, dit-moi qui est le plus aimé.

En cette période électorale les sondages prennent une place de plus en plus importante dans les médias. Entre les courbes de Hollande et de Sarkozy qui se croisent et se recroisent (tout comme leurs politiques respectives), les 18-25 ans qui disent vouloir voter en masse pour Marine Le Pen (c'est faux, je fais moi-même partie de cette catégorie (d'âge, pas de convictions) et personne ne m'a posé la moindre question) et le 1% d'intentions de vote pour EELV qui a transformé Eva Joly en carpette, on nous rebat les oreilles d'estimations et d'approximations diligentées à grands frais, parfois avec les deniers de l'Etat, et tout ça pour quoi ? Bah, pour rien. Sérieusement, vous, qui allez voter les 22 avril et 6 mai prochains, qu'est-ce que ça peut bien vous faire de savoir que le PS est au coude à coude avec l'UMP mais que le FN peut être la surprise du premier tour ? Tout ce que ces chiffres vont engendrer, ça va être un déni massif des convictions au profit du « vote utile », dont l'inutilité (justement) n'est plus à prouver, surtout au premier tour.

sarko hollande 2

- Moi, j'ai 29 % d'intentions de vote.

- Oui mais, moi, j'ai un tracteur. Na !

Pire encore, ces sondages influencent les déclarations des candidats, leurs montrent ce qu'une partie de la population a envie d'entendre et les poussent à modifier leurs politiques pour plaire au plus grand nombre. Alors que nous, on a juste envie de sincérité et de promesses plausibles (cf les 60 000 postes promis par Hollande en période de crise et de réduction des dépenses publiques pour récupérer le vote des enseignants. Continue comme ça mon gars, on te croit). On veut juste entendre des propositions qui tiennent la route et qui ont une chance, aussi infime soit-elle, de réduire le déficit et de nous rendre concurrentiels sur les marchés mondiaux. En parlant de concurrence, avez-vous vu que M. Mélenchon propose d'augmenter le SMIC à 1700 € net par mois ? Ainsi, un travailleur français vaudra autant que 6,5 travailleurs chinois. Sûr que ça va encourager les entreprises à produire français ! L'histoire ne dit pas si les travailleurs ainsi augmentés ont vu leur pouvoir d'achat grandir ou si les produits sont subitement devenus plus chers puisque les employés qui les produisaient ont été augmentés, le FdG garde probablement la réponse pour un prochain épisode ...qui ne sera pas diffusé, à mon humble avis, en 2012.

De même, les sondages sont, non seulement inutiles, nous venons de le voir, mais ils sont aussi particulièrement trompeurs. Ainsi, l'UMP a claironné partout que l'émission Des paroles et des actes dans laquelle apparaissait M. Sarkozy avait connu un succès retentissant sur Twitter en se basant sur le nombre de hashtags #dpda. Alors, je ne sais pas s'ils ont lu les tweets affublés de cet acronyme, mais moi, oui, et je peux vous dire que c'est pas exactement ce que j'appellerai un succès, retentissant ou non. La plupart de ces messages indiquaient une certaine animosité à l'égard du président sortant, pour ne dire que ça. Mais l'UMP, qui doit considérer que toute publicité est bonne à prendre, n'a pas tenu compte de ceci et s'est empressée de crier victoire et de sabrer le champagne. A tort ou à raison, nous le saurons bientôt. Le problème c'est que les français qui n'ont pas de compte Twitter ne peuvent pas le savoir et en déduisent que cette émission a convaincu nombre de leurs compatriotes et que ce qu'il y a dit n'était pas dénué de sens (alors qu'on parle de M. Sarkozy là, je le rappelle). Bien sûr, vous pourriez me dire que les français qui sont suffisamment aveugles pour croire ceci ont déjà réservé leurs votes au FN, que quand on en est à considérer que l'immigration est la cause de tous nos maux, on n'écoute pas les racontars de ce qu'il s'est passé sur cette œuvre de Satan que sont les réseaux sociaux, mais je vous répondrais que, pour eux, le vote utile est incarné par Sarkozy pour empêcher Hollande, ce vulgaire socialo qui prône la solidarité et la tolérance, de passer. Et vas-y qu'on revient toujours sur les deux mêmes menteurs candidats.

Du coup, avec ces saloperies de sondages, on va se retrouver avec le binôme bonnet-blanc et blanc-bonnet au deuxième tour, et faudra pas se demander d'où ça vient.

11 mars 2012

Le petit prince

Ce qu'il y a de bien avec les classiques littéraires, c'est qu'ils ont été lus par une grande partie de la population et qu'une référence commune c'est toujours utile pour élever le niveau d'une conversation qui sinon plafonnerait aux dernières émissions de téléréalité en vogue. Ce qu'il y a de moins bien, c'est qu'ils sont considérés unanimement comme des œuvres et que, si on a le malheur d'en dire du mal, on est tout juste bon à manger du foin (et encore, c'est cher le foin). C'est ce qui m'a amené, sur les conseils de quelques amis (note personnelle : penser à changer d'amis), à lire Le Petit Prince de Antoine de Saint-Exupéry. Grossière erreur. J'ai attaqué la lecture pleine de ma candide innocence, persuadée de tenir dans les mains une merveille de bon sens et de clairvoyance vis-à-vis de notre société et je l'ai terminée convaincue qu'un tel chef-d'œuvre de moralisation ne méritait rien moins que les flammes purifiantes d'un bon feu. Ce qui fut dit fut fait, j'ai donc organisé un petit autodafé en comité restreint dans mon jardin. Mais, dans le but que cette lecture n'aie pas été vaine, je vous livre ma critique de ce que je considère comme une gigantesque arnaque.

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Vous voilà avec le livre sur les genoux, prêt à attaquer la lecture. La couverture est un dessin de A. de S.Exupéry himself représentant le petit prince pointant tel un membre en érection vers le firmament stellaire depuis une planète ridiculement petite et couverte de fleurs et de volcans. Vous, lecteur averti, vous sentez déjà venir le truc improbable, mais moi qui n'ai pas votre sens inouï de l'observation je ne me méfiais pas (toujours flatter son lectorat. Marche aussi avec électorat hein, Marine ?). Le dessin est d'une qualité toute relative, aussi allez-vous directement voir à la quatrième de couverture s'il n'y a pas mieux. Vous tombez sur un passage du livre contenant le fameux « dessine-moi un mouton » et autres fadaises dont « j'ai sauté sur mes pieds comme si j'avais été frappé par la foudre ». N'ayant personnellement jamais eu le privilège d'être foudroyée, je ne peux juger de la véracité d'un telle affirmation mais j'aurai tendance à considérer que l'on serait plutôt étourdi en cas de choc frontal avec un éclair, mais ce n'est que mon avis et il n'engage que moi. Continuons je vous prie et lisons la description de la bête faite par la maison d'édition (Gallimard en ce qui nous concerne) : Le chef-d'œuvre universel de poésie, d'humanité et d'émotion … Oui oui oui, rien que ça. Tout est dit, à tel point qu'ils n'ont même pas cherché à argumenter ou même à fermer la phrase. Ce bouquin est une merveille troispointsdesuspension. Alors que vous avez encore les yeux humides des larmes de joie versées devant telle création divine vous vous attelez à la lecture tel un pèlerin attendant l'apparition de la Vierge.

Chapitre I

L'auteur nous fait part de la terrible déception qui mis un terme à sa carrière pourtant prometteuse de peintre. Quand il était petit, il essaya de dessiner un boa ayant mangé un éléphant suite à la lecture d'un livre sur la forêt vierge, rien que de très normal, me direz-vous, mais la moindre qualité de son dessin et le manque de détails fit dire aux adultes à qui il le montra qu'il s'agissait d'un chapeau. Expérience qui amena le jeune Antoine à penser que les adultes étaient aveugles et que les enfants devaient toujours tout leur expliquer. Expérience qui m'amène à penser que ses parents devaient ramer pour avoir la moindre parcelle d'autorité et que si Super-Nanny avait déjà existé, on n'en serait pas là. On peut dans tous les cas se réjouir que pareil traumatisme n'ai pas entaché la carrière de Boulet.

Chapitre II (parce que, franchement, le chap. I est plutôt chiant pour un chef-d'œuvre)

Notre bon Antoine est devenu pilote d'avion et s'est planté dans le désert Saharien comme une grosse tanche. C'est là qu'il va rencontrer le petit prince qui le réveillera tel le dernier des malotrus pour lui réclamer un dessin de mouton. Je rappelle qu'il s'agit de deux personnes qui ne se connaissent pas, dont l'une vient d'une autre planète et n'a, de ce fait, aucune idée de ce que peut être un mouton. Booon, allez, on ne se décourage pas, on continue. M. de St.Exupéry va donc lui dessiner un mouton (c'est pas comme s'il avait un avion à réparer et presque plus d'eau au milieu du désert, hein) mais ce cher petit prince va révéler une facette de sa personnalité pour le moins originale puisque c'est en fait un petit con. Le premier mouton est trop maigre, le deuxième trop gros, le troisième malade etc. Notre aviateur désaviaté, en désespoir de cause, va lui dessiner une boîte censée renfermer un ruminant laineux et lui dire de fermer sa gueule s'il-te-plait.

Chapitre III

Le petit con prince, désormais affublé de sa boîte à mouton et Antoine (on est intimes maintenant) vont entamer ce qu'on pourrai qualifier de dialogue de sourd entre deux autistes muets. Les réponses (quand il y en aura) aux questions posées seront sibyllines et incompréhensibles du commun des mortels. Exemple : « Droit devant soi, on ne peut pas aller bien loin ». Cette phrase, qui ne trouve son sens que dans la circonférence de la planète d'origine du petit prince, sera ensuite utilisée de nombreuses fois par nos contemporains en mal de pensées affligeantes originales. Merci Antoine. Ce chapitre n'est toutefois pas aussi inutile que je voudrai le faire paraître puisque notre aviateur préféré apprend que son interlocuteur vient d'une autre planète, mais c'est bien le seul renseignement qui puisse justifier ces trois pages.

Chapitre IV

Le pilote des airs, fort de cette nouvelle information, va deviner que le petit prince habite un astéroïde nommé B612. Grâce à quoi ? Personne ne le saura. C'est juste un (grossier) raccourci pour permettre à l'auteur d'aborder le sujet des conventions vestimentaires puisque l'astronome qui l'avait découvert (l'astéroïde, pas le petit prince) était turc et n'avait pas été pris au sérieux par les autres scientifiques du fait de ses habits. C'est vrai que c'est con de passer à côté d'une telle découverte (un astéroïde, rendez-vous compte !), mais il aurait quand même pu se fendre d'un costard, ça lui aurait pas coûté grand chose. Rapiat de turc ! M. de St.E., grâce à sa logique toute personnelle, va ainsi en arriver à parler des grandes personnes qui ont systématiquement besoin de chiffres (ou d'un .9mm Magnum pointé sur la tempe) pour comprendre ce que l'on se tue à leur expliquer. On aura également droit à un petit paragraphe introspection dans lequel l'auteur relate sa difficulté à se remettre au dessin. Agatha Christie doit être verte de jalousie devant une telle maitrise du suspense, quelle virtuosité, vraiment !

Chapitre V

Trêve de digressions, le dialogue de sourd reprend entre nos deux acolytes qui n'ont visiblement que ça à faire. On aborde ainsi, par les chemins les plus tortueux qui soient, le problème du développement des baobabs sur l'astéroïde du petit prince. En effet, sa planète est farcie de graines de ces arbres et il doit régulièrement les déterrer s'il veut conserver son espace vital. Comment ces graines terrestres sont arrivées sur un astéroïde et comment se développent-elles sans atmosphère ? Aucune idée. L'auteur ne va pas non plus se faire chier à justifier ses propos, on s'en fout que ça tienne debout ou non. L'important c'est de faire passer le message qu'il faut régulièrement arracher les mauvaises herbes point final. Ah mais …

ptit prince

L'arrachage de mauvaises herbes, un mal nécessaire à la société.

Arrivée à ce stade de ma lecture, j'en étais à me poser de sérieuses questions sur mes capacités mentales puisque je n'avais pas encore vu le bout de la queue du commencement d'un chef-d'œuvre. Juste de bonnes grosses évidences racontées par un homme ayant de sérieuses affinités avec les autistes (et même pas atteints d'un syndrome d'Asperger). Bref, le doute s'emparait de mon âme et posait les fondations d'une future tentative de suicide qui, en toute modestie, aurait probablement réussi. M. de St. Exupéry, si vous avez l'ADSL là-haut, vous avez failli avoir ma mort sur la conscience.

Chapitre VI

Ce chapitre brille encore plus que les autres par son inutilité puisqu'il n'y est question que de couchers de soleil et du goût immodéré du petit prince pour ceux-ci quand il est déprimé. Vous conviendrez, j'en suis sûre, que le coucher de soleil est à la déprime ce que le sucre est au diabétique : un amplificateur. Quel dommage que le petit prince n'est pas inventé l'alcool de baobab et ne se soit pas murgé tranquille sur sa planète au lieu de venir nous les briser.

Chapitre VII

Enfin un peu d'action ! Nos deux héros vont se fritter, mais gentiment hein, parce que notre aviateur s'est enfin décidé à essayer de réparer son avion et enverra bouler le nabot qui l'abrutit de questions sur l'utilité des épines sur une fleur. Le nuisible se fâchera tout rouge parce que c'est sérieux les épines des fleurs et que si le mouton bouffe ses fleurs il finira en kebab. Merde. Antoine, prouvant qu'il a la force mentale d'une huitre, s'aplatira devant le petit prince en s'excusant de parler comme une grande personne. Qu'il est, je le rappelle. On mettra ça sur son désir de sauver la vie d'un mouton imaginaire contenu dans une boîte dessinée. Je ne sais pas ce qu'il a trouvé à fumer dans le désert, mais c'est de la bonne.

Chapitre VIII (il y en a 27, accrochez-vous)

On apprend ensuite que le petit prince a, sur sa planète d'origine, une fleur unique puisqu'elle parle, et qu'en plus c'est une garce. Elle exige de l'eau, l'envoi chercher un paravent, un globe, lui soutient qu'elle est de taille à lutter contre un tigre... Tout être normalement constitué aurait arraché cette engeance de sa terre fertile mais notre jeune aristo va être ému par tant de vanité (non, je n'invente pas, c'est dans le texte). Effectivement, après ce qu'on a vu jusqu'à maintenant, il fallait s'attendre à ce que le dialogue avec une fleur vole au ras des pâquerettes. Oui, j'ai honte, mais je le garde mon jeu de mot.

Chapitre IX

L'auteur relate l'adieu du petit prince à sa planète, à sa fleur, à ses volcans qu'il prit bien soin de ramoner avant de partir et à ses baobabs qu'il arracha. La fleur, adepte des adieux déchirants, va lui avouer qu'elle l'aime beaucoup et qu'il va lui manquer. C'est vraiment trop triste, on en pleurerai presque. Après avoir vérifié trois fois qu'il avait bien fermé le gaz notre jeune héros éteint la lumière et s'en va grâce à un vol d'oiseaux migrateurs. Dans l'espace. En s'attachant à eux avec des cordes. Encore une fois je n'invente rien, c'est dans le texte.

petit prince

Pour ceux qui douteraient de mes propos...

Chapitre X

Notre explorateur en herbe arrive, grâce à cette merveille du monde animal qu'est la migration interplanétaire, sur un astéroïde dont l'unique habitant est un roi, lui-même « habité » comme nous le constaterons au fil de ces lignes. En effet, il estime avoir tous pouvoirs sur son environnement immédiat du moment qu'il n'exige que ce qui est possible. Je me rends compte que ce n'est pas très clair, aussi en voilà un exemple plus parlant. Il ordonne au soleil de se coucher … à l'heure où il se couche. Il en déduit donc que sa suprême autorité est respectée. Le petit prince, faisant preuve d'une lucidité jusqu'ici insoupçonnée, décide de quitter ce royaume de fous et de s'en aller voguer vers l'infini et l'au delà. Aussi se réattèle-t-il à ses oiseaux (hum hum) et part-il en chasse d'une planète plus intéressante.

Chapitre XI

C'est ainsi qu'il arrive sur la planète d'un vaniteux qui lui réclame des applaudissements afin de pouvoir, enfin, saluer un public en délire avec son chapeau. Le message est assez clair ? Non ? Ok, alors, les vaniteux sont des gens bêtes qui courent après les louanges, même immérités et ça, c'est pas bien les enfants. Ben oui, quitte à infantiliser un récit, autant aller jusqu'au bout. Après cette courte pause pour vos méninges supposément en surchauffe, le voyage reprend pour le petit prince qui se dit que « les grandes personnes sont décidément très bizarres ». Oui, surtout l'auteur de ces lignes, dont on saluera la grande maîtrise des nuances et le tact nécessaire à une telle approche de la vanité. On peut donc résumer ce chapitre à : humilité = bien, vanité = pas bien.

Chapitre XII

Notre héros atterrit ensuite sur la planète d'un « buveur » mais à qui le terme « poche à gnôle » correspondrait mieux. Ce passage éclair permet à l'écrivain, encore moins inspiré sur ce chapitre là que sur les précédents, d'aborder l'un des problèmes récurrents des pochtrons, à savoir qu'ils boivent pour oublier qu'ils ont honte de boire. Le petit prince, complètement hermétique à la détresse de cet homme, s'en va vers de nouveaux horizons moins chargés en vapeurs d'alcool. Toutefois, le fait que M. de St. Exupéry ai tenu à nous faire partager cette pensée malgré le manque évident d'à propos avec le reste de son récit m'amène à penser qu'il a dû lui-même être victime de l'alcool en ses jeunes (et moins jeunes) années, ce qui expliquerait bien des choses, à commencer par les extraterrestres habitant des astéroïdes unipersonnels. Aah, magie du délirium tremens.

Chapitre XIII

Le nabot continue son voyage en sautant de planètes en planètes grâce à … on ne sait pas. Les oiseaux migrateurs ont disparu du récit. Probablement ont-ils fini leur voyage et passent-ils d'agréables vacances à Alpha Centauri, personne ne nous le dira et surtout pas l'auteur qui s'en tamponne que pas une ligne de son récit tienne debout. S'il écrit une fiction, c'est pas pour se faire chier à justifier quoique ce soit. Ah mais.

Nous voilà donc arrivés sur la planète d'un businessman que nous appellerons Calculator pour les besoins de cet article. Calculator est une grosse machine à calculer et il compte les étoiles environnantes. Notre jeune emmerdeur, voyant là une occasion immanquable de faire chier son monde, va abrutir le pauvre Calculator de questions jusqu'à ce que celui-ci lui explique que s'il compte les étoiles c'est pour les posséder. J'en connais qui, s'ils devaient compter leur argent pour le posséder, se retrouveraient à la rue du jour au lendemain. Suivez mon regard. Bref, trêve de plaisanteries, la leçon à retenir de tout ce joyeux bordel est que le petit prince est utile aux choses qu'il possède puisqu'il arrose sa fleur et ramone ses volcans mais que le businessman n'est pas utile aux étoiles. J'attends encore que Antoine nous explique en quoi il est utile à ses habits, à sa lampe de bureau voire même à l'humanité tant qu'on y est.

Chapitre XIV

Las, le merdeux que nous suivons, inépuisable, continue son voyage et arrive sur la planète d'un allumeur, c'est à dire un homme dont c'est le boulot d'allumer et d'éteindre les réverbères. Un métier relativement pourri, vous en conviendrez mais notre avis importe peu, il faudra s'y faire. Cet allumeur (raaah tous les mêmes !) se plaint de ses conditions de travail, travail qu'il s'auto-impose, rappelons-le, parce que le jour, sur sa planète, dure une minute. Le jeune prince lui apporte une solution des plus efficaces puisqu'il lui suffirait de marcher en permanence pour que le jour dure plus longtemps sur sa planète. Marcher, au lieu de rester statique, pour se reposer. Oui, et pour remplacer une bonne nuit de sommeil, rien ne vaut un long footing, c'est connu. Sinon, il aurait aussi pu lui proposer de péter la gueule à son inutile réverbère ou de l'accompagner sur une planète qui tourne moins vite (mais pas plus rond, rassurez-vous), mais non. Le pauvre homme continue donc son manège et notre héros s'en va vers la sixième planète (pfff).

Chapitre XV

Celle-ci est habitée par un géographe qui consigne dans un gros bouquin les données relevées par les explorateurs. Malheureusement d'explorateurs il n'y a point et notre géographe est vautré tel une grosse larve devant son livre désespérément vide. En essayant de fournir des informations au monsieur, notre héros va apprendre que sa sacro-sainte fleur est éphémère et appelée à mourir un jour. Cette révélation va le plonger dans le désarroi mais ne va, malheureusement pour nous, pas l'empêcher de poursuivre son voyage interstellaire en faisant route, sur les conseils du géographe, vers la Terre.

Chapitres XVI et XVII

On apprend ici que la Terre est une grande planète très peuplée, dont la population est répartie inégalement etc. Bref une bien belle histoire qui fleure bon les cours d'histoire-géographie du collège. Comme je me doute que vous abhorrez cette période maudite de votre vie, passons directement à l'atterrissage du petit prince dans le désert et à son dialogue avec un serpent (c'est un Fourchelang) qui lui apprend qu'en cas de mal du pays, il pourra être sa passerelle vers sa planète d'origine. Après les oiseaux migrateurs interstellaires, nous voici donc avec un serpent téléporteur. Non, je ne commente même plus, tiens, c'est à vous en dégoûter des bonnes choses ça.

Chapitres XVIII et XIX

Notre explorateur continue son périple et croise une fleur qui lui apprend qu'il y aurait 6 ou 7 hommes sur la Terre. Moralité : les fleurs font de très mauvais comptables. Sachez-le, ça pourra vous servir dans la vie (à peu près autant que les cours dispensés au collège, pour vous donner une idée). Son voyage se poursuit en haut d'une montagne où il attribue l'écho de ses paroles aux terriens qui ne feraient que répéter tout ce qu'il dit, alors qu'il devrait savoir que pour répéter le nombre de conneries qu'il arrive à sortir en une journée il faudrait vraiment avoir les capacités cérébrales du légume. Aah, non, attendez, je viens de recevoir ma troisième chaîne de la journée m'informant que Facebook va devenir payant. En fait, non, ce passage était le seul chapitre crédible de tout le livre, j'espère que vous en avez bien profité.

Chapitre XX

Le petit prince arrive dans un jardin fortement pourvu en roses et s'aperçoit qu'elles sont des copies conformes de SA fleur. Jusqu'ici persuadé qu'elle était unique, il va ressentir le besoin irrépressible de faire couler du liquide par ses conduits lacrymaux puisque, comme chacun sait, si une fleur n'est pas unique, elle perd toute sa valeur. Les possibilités d'assurer la pérennité de l'espèce par la reproduction, le bouturage, ou que sais-je encore, n'effleurent même pas notre cher prince qui se vautre dans l'herbe pour pleurer comme une gamine ayant appris l'inexistence du Père Noël.

Chapitre XXI

Ces pleurnicheries champêtres vont attirer l'attention d'un renard qui va chercher à se faire apprivoiser par le garçon à l'aide d'un laïus sur la beauté de l'amitié, le fait que l'audition de son pas sur le chemin serait pour lui source de bonheur, le blé mûr lui rappellerait la couleur de ses cheveux et autres fadaises à fortes capacités vomitives. Hop hop hop, attendez. Un animal sauvage depuis des millénaires qui chercherait à se faire apprivoiser par un être humain ? En dehors du fait que ça nous rappelle furieusement une fable de La Fontaine, vous trouvez ça crédible, vous ? Pas plus que le reste du bouquin, j'en conviens, mais on pourrait s'attendre à un sursaut de l'auteur, du genre « he oh, le livre est bientôt terminé, il faudrait peut-être que je commence à justifier son statut de chef-d'œuvre et que j'arrête avec les grossières généralités qui enfoncent les portes ouvertes ». Mais non, le niveau reste stable dans la médiocrité. Pour Antoine, hip hip hip …

Chapitres XXII et XXIII

Le petit prince va continuer son chemin après avoir apprivoisé le renard et l'avoir laissé tomber comme une flaque de vomi sur un trottoir un jour de féria (ça valait bien le coup, tiens) et va rencontrer un aiguilleur qui lui racontera les déboires des usagers du rail qui ne savent pas où ils vont ni pourquoi (mais pour une fois qu'un train est à l'heure, on va pas pinailler) et que seuls les enfants savent ce qu'il cherchent parce qu'ils ont le nez collé au carreau pendant le voyage, et qu'ils pourrissent les vitres, 'foirés de mômes. Ne me demandez pas le rapport entre regarder le paysage pendant le voyage et savoir où on va, je n'ai toujours pas compris. Il semble à l'évidence que je n'ai pas les capacités mentales suffisantes pour saisir toutes les subtilités de ce récit.

Notre bon prince poursuit son voyage à pied et arrive chez un marchand qui vend des pilules qui étanchent la soif pour une semaine. Quel dommage que ce soit une fiction. Imaginez des pilules au whisky qui nous permettraient d'être bourrés pendant une semaine … Cette possibilité n'effleure même pas le petit prince qui est à l'apéro ce que Chatroulette est à la communication.

Chapitre XXIV

Nous voici revenus avec nos deux acolytes qui commencent d'ailleurs à sérieusement souffrir de la soif, surtout Antoine puisque, à priori, son ami ne semble pas avoir besoin de boire. A une question de M. de Saint-Exupéry concernant cette sobriété, le petit prince répondra que l'eau peut aussi être bonne pour le cœur. L'auteur, lui-même, avouera ne pas avoir compris cette réponse. Comme quoi nous ne sommes pas les seuls à être largués, même l'écrivain ne comprend plus ce que veut dire son personnage. Autant vous dire que la suite va être folklo.

Ils vont donc partir à l'aveuglette dans le désert chercher un point d'eau, qu'ils trouveront bien entendu car ça arrange bien l'auteur que ses deux héros restent en vie jusqu'à la fin du bouquin. Déjà que, niveau personnages, on est pas très larges (deux personnages principaux et dix personnages secondaires, en comptant le renard et la fleur), s'ils se mettent à tomber comme des mouches on est dans la panade. (NDLA : la panade est une sorte de soupe pour ceux qui se poseraient la question. Wikipédia est votre ami).

Chapitre XXV

Deux pages seront nécessaires à notre auteur pour relater la joie de nos amis à boire de l'eau, le plaisir simple qu'il y a à trouver ce que l'on a longtemps cherché, le fait que les hommes ne savent pas où ils vont ni ce qu'ils cherchent etc. On notera la réplique très gnangnan du petit prince « Les yeux sont aveugles. Il faut chercher avec le cœur ». Mes amis, nous venons de franchir allègrement le point Kawaï que l'on pourrait définir comme : tout récit atteindra son apogée quand le cœur y sera défini comme un organe capable de vision et de réflexion et non comme une pompe à hémoglobine. Toujours est-il que notre jeune héros, entre deux conneries bien-pensantes, va arriver à placer que ça fait bientôt un an qu'il est sur Terre et qu'il pense à se barrer (insérez ici un chœur angélique).

Chapitre XXVI

On va ainsi avoir droit à des adieux déchirants entre nos deux amis qui se disent qu'ils s'aiment beaucoup, et que la vue des étoiles sur leur planètes respectives leur rappelleront les bons moments passés ensembles. Pour l'un, elles résonneront du rire cristallin d'un enfant innocent, pour l'autre elles représenteront l'eau tant attendue qui vint étancher la soif. Cinq pages de dialogue gentillet entre nos deux compères qui feraient pleurer des larmes de sang chez tout être normalement constitué. Pour ma part, je n'ai pas dérogé à la règle, j'écris cet article en direct de l'hôpital où j'ai été admise pour hémorragie oculaire et vomissements incontrôlés du fait de la forte teneur en gnangnan de ce passage. Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains donc.

Peu après, le petit prince va expliquer à son ami dans un fabuleux assemblage de phrases sibyllines et de longs silences, que pour repartir il devra être mordu par le serpent téléporteur, et qu'il aura l'air mort mais en fait non (oooh) et que Antoine ne devra pas l'accompagner parce qu'il risque d'être triste de voir son ami mort mais pas trop (oui, parce que d'après le marmot, le corps est trop lourd pour être téléporté. On ne sait donc pas comment il va se réincarner une fois arrivé, à part ça le scénario est super bien ficelé, hein).

Antoine, étant aussi têtu qu'une chèvre, va quand même aller voir comment ça se passe la téléportation par reptile interposé et sera triste de voir le corps de son ami s'effondrer dans le sable chaud telle une grosse loque, mais qu'il vienne pas se plaindre, il était prévenu.

Chapitre XXVII

Nous retrouvons M. de Saint-Exupéry six ans plus tard. Il relate sa constatation de la disparition du corps du petit prince le lendemain matin, alors qu'il n'était pas censé être téléporté, et la conclusion qu'il en tire que le gamin est bien arrivé à bon port (mais avec un corps mort puisque farci au venin, ça promet des lendemains qui chantent sur l'astéroïde B 612). Son seul regret est d'avoir oublié une lanière de cuir sur la muselière qu'il avait dessiné pour que le mouton ne bouffe pas la fleur. Mouton qui est lui même enfermé dans une boîte gribouillée à la va-vite par un aviateur en mal d'avion. Et cela suffit à le rendre malheureux à l'idée que ce mouton imaginaire puisse manger une fleur sur un astéroïde inconnu. Mesdames et messieurs, je crois que nous avons le point final idéal de ce récit, avec tout ce qu'il a de plus absurde.

Nous voilà donc aux termes de ce voyage dans l'imaginaire survolté de ce monsieur. On retiendra plus particulièrement les planètes unipersonnelles, les vols d'oiseaux migrateurs interstellaires, les fleurs qui parlent, les serpents téléporteurs et bien sûr la vision de ses contemporains par M. de Saint-Exupéry qui considère que seuls les enfants, êtres parfaits s'il en est, sont à même de saisir toute la beauté et l'absurdité du monde qui les entoure, au contraire des adultes qui sont des abrutis de première car incapables de différencier un chapeau d'un boa ayant mangé un éléphant.

Un chef-d'œuvre universel de poésie, d'humanité et d'émotion ...

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Alors ? Vous êtes plutôt chapeau ou boa ?

4 mars 2012

L'assistanat, première entreprise de France

A 1 mois et demi du premier tour de la présidentielle la bataille politique bat son plein avec gauche vs. droite, extrême gauche vs. extrême droite, centre vs. heu ... Les principaux partis ont lâchés les chiens et tous les coups sont permis. De la télévision à la radio en passant par internet, tout le monde n'a que la politique à la bouche. Pourquoi en serait-il autrement de ce blog ? Et bien d'abord parce que je considère que d'autres en parleront mieux que moi (eux, ou encore eux et ... ah non, pas eux) et surtout parce que je pense que l'extrême lenteur administrative et décisionnelle qui verrouille ce pays va annihiler toutes les belles (et moins belles) promesses de nos candidats pour ne finalement permettre qu'une politique tiédasse et apathique. Mon choix est fait, le votre aussi je suppose, alors restons-en là, voulez-vous, et penchons nous sur un problème autrement plus préoccupant, puisque mondial : la croissance exponentielle des assistés.

Quand je dis assistés, je ne pense pas aux soi-disant profiteurs du système que certains partis prennent pour cible dans leurs campagnes. Moi-même, si je pouvais me contenter d'un RSA pour vivre, je passerai volontiers mes journées à glander. Malheureusement, sur les 7 péchés capitaux, l'avarice l'emporte haut la main sur la paresse, c'est pourquoi je trime comme un nègre, comme le dit si bien J. P. Guerlain, mais un nègre bien payé.

En vérité, je pense surtout à ces gens pour qui l'autonomie est un fardeau et qui ont l'habitude, depuis leur plus jeune âge, de se reposer sur les autres.

Les assistés du magasin donnent la pleine mesure de leur art en milieu mercantile (d'où leur nom). A peine franchissent-ils la porte d'un magasin qu'ils sont déjà à l'affut, prêts à bondir sur tout ce qui porte un uniforme. Une fois leur proie repérée, ils se rapprocheront doucement, resserrant l'étau autour de la pauvre bête qui ne s'apercevra du danger qu'une fois le piège refermé. Le massacre pourra commencer. Les questions vont pleuvoir sur le pauvre vendeur qui aura eu le malheur de passer par là, l'obligeant à puiser dans ses réserves des trésors de patience pour parvenir à résoudre l'insoluble énigme « Alors, perceuse sans fil ou avec fil ? ». Aux termes d'une épique bataille impliquant quantité de démonstrations, explications et autres comparatifs, les assistés estimeront avoir suffisamment de cartes en main pour repartir sans rien acheter au motif qu'ils doivent encore réfléchir parce que c'est tout de même une somme, 30 €.

Le vendeur, libéré de ses oppresseurs, perdra goût à la vie et devra se mettre en arrêt maladie pendant six mois pour parvenir à soigner son traumatisme, prouvant ainsi que les assistés peuvent s'autogénérer entre eux.

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Un couple expériementé peut ainsi monopoliser un vendeur jusqu'à ce que mort s'ensuive

Cette espèce d'assistés se déplace le plus souvent en couple et s'attaque toujours à des proies isolées et affaiblies par les chartes des magasins/restaurants/hotlines qui les obligent à répondre aux questions des clients, même les plus idiotes. La mise à mort est longue et douloureuse pour la victime tant le plaisir de ce type d'assistés se trouve dans la délectation de la lente agonie de leur proie. Tout à la joie de voir grandir la file des autres clients venu quémander les lumières du vendeur, ils feront durer le plaisir aussi longtemps que possible, quitte à y passer la moitié de la journée.

Les dépendant(e)s de l'Autre. Ce sont généralement des femmes qui sont incapables d'envisager de vivre sans un homme à leurs côtés. Complètement aveuglées par l'image fantasmée du mariage telle que la véhicule Walt Disney, elles sont prêtes à tous les sacrifices, toutes les concessions pour donner l'illusion d'un couple heureux à leurs copines. Ces femmes, vous en connaissez. Ce sont celles qui tiennent tout le temps la main de leur compagnon, à table, dans la rue, sur le canapé. La rupture de tout contact charnel (même succinct) les plonge dans le désarroi et les renvoie à leur peur de l'abandon. Elles s'empresseront de retrouver ce lien dès que leur cher et tendre sortira des toilettes afin que leur univers retrouve un semblant d'équilibre.

On les reconnaît également à leur manière, en soirée ou pendant un dîner avec des amis, de systématiquement se tourner vers « leurs hommes » pour discuter avec eux dès qu'un sujet ne les concernent plus (soit à peu près tout ce qui n'a pas de rapport avec les macarons) en dépit du fait qu'ils habitent ensemble depuis trois ans et que vous ne voyez pas ce qu'ils peuvent bien avoir à se raconter de si intéressant qui puisse éclipser le passionnant débat politique qui s'est engagé entre Jean Claude (FdG) et Hubert (FN). Débat qui a quand même de fortes chances de finir à l'hosto, c'est dire...

Elles sont, de plus, facilement reconnaissables à leur façon de toujours rapporter leurs vies à celles de leurs copains (forcément, elles ne vivent que pour Lui, elles ne sont donc que des extensions de leurs vies). Ainsi, quand on parle à une dépendante, il faut s'attendre à « Lucas et moi, on est allés au cinéma voir ce film, mais il n'a pas aimé » heu... oui et toi ?, « Lucas et moi, on adore cet acteur » Omar Sy, hahaha laisse moi rire, je me pisse dessus et je suis à toi, ou encore « Lucas et moi on s'écrit une dizaine de textos par jour, on aime bien savoir ce que fait l'autre ». Non je ne commenterai pas, c'est trop facile.

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Qu'est-ce qu'on s'aime. Bon maintenant lâche-moi, faut que j'aille poser une pêche.

Ces femmes seront ensuite les premières à venir vous demander comment se passe votre célibat, si c'est pas trop dur et quand est-ce que vous allez enfin vous décider à vous caser, parce que là vous faites peine à voir, vraiment. Le défi consistera à ne pas lui jeter ses quatre vérités à la figure, à garder une expression neutre et à lui annoncer que, d'ailleurs, vous venez juste de vous inscrire sur Meetic, quelle coïncidence, tout en énumérant dans votre tête toutes les bonnes raisons qui vous ont conduit à la zoophilie (attention ça peut prendre longtemps). Cet argument est toutefois irrecevable si vous êtes amenés à la revoir dans un futur proche puisqu'elle n'aura de cesse de connaître l'évolution de vos rencontres par bande passante interposée. Dans ces cas là, utilisez la bonne vieille méthode de la célibataire complexée qui se demande pourquoi elle ne plait à personne, les hommes ne m'aiment pas, reaeurk (non, personne ne fait snif en reniflant), t'as pas un mouchoir ? (testé et approuvé en conditions réelles par une équipe de chercheurs dont je suis l'unique représentante).

Bien sûr ces méthodes ne valent que si vous avez envie de garder contact avec elle. Sinon lâchez vous, l'expression de votre profond mépris facilitera grandement votre transit et vous apportera fortune et célébrité (source M'Banouaba).

Les hommes aussi ont des représentants de cette espèce, on les appelle les handicapés domestiques (et non pas les handicapés domotiques, ça s'est Will Smith dans I Robot, suivez un peu). Ces hommes, que la nature a pris bien soin de ne pas pourvoir en sens pratique, sont systématiquement perdus en milieu ménager. Qu'il s'agisse de faire tourner une machine, faire la vaisselle ou le ménage, ils sont complètement dépassés s'ils n'ont pas une femme sous la main, créature magique ayant de divins pouvoirs comme celui de savoir où est rangé le balai. Leur but sera donc de conquérir une de ces demoiselles (pardon, dames) afin qu'elle s'acquitte de toutes ces tâches qui incombent de fait aux porteuses du double chromosome X.

Les suiveurs seront toujours d'accord avec vous, quel que soit votre point de vue. Essayer d'engager un débat avec un des membres de cette caste (ou devrais-je dire troupeau, tant leur ressemblance avec les moutons est frappante) revient à provoquer un bisounours en lui lançant des pâquerettes. Même le plus obstiné des trolls ne saurait faire réagir un bon suiveur tant leur mentalité est malléable. Il peut s'être prononcé auprès d'une autre personne en faveur de la peine de mort, si vous lui annoncez ¼ d'heure après que vous êtes contre, il sera tout à fait d'accord avec vous, t'as trop raison, c'est de la barbarie. De fait, parler à un suiveur revient à parler a une entité qui n'aurait de cesse de vous lancer des fleurs, chose qui peut être très agréable au début mais qui devient vite lassante, surtout si on allergique au pollen.

mouton

"C'est trop vrai ce que tu dis !"

"Ouais je suis d'accord avec lui, c'est toi qui a raison."

Pour les repérer, un seul mot d'ordre, comportez-vous comme un troll. Au travail, interrompez le très chiant débat autour du dernier épisode de Plus Belle La Vie en annonçant que vous ne croyez pas au mythe de la Shoah/aux prévisions météorologiques/au fait que la Terre est ronde, sortez deux trois arguments bancals et notez ceux qui, spontanément, se rangent de votre côté. Ce sont soit des suiveurs, soit des électeurs du FN. En tous les cas, des gens qu'il sera jouissif de provoquer quand on ne sait plus quoi dire autour de la machine à café. Pour ceux qui auraient quelques scrupules à passer pour un fasciste auprès de leurs collègues, sachez qu'un bon suiveur se reconnaît de toute façon très facilement à sa manière de regarder les autres avec adoration et déférence et à son inénarrable talent pour les évidences communément acquises (je suis pour la peine de mort, mais que pour les pédophiles, ou encore je déteste l'hypocrisie et les faux-cul). De fait il suffit d'un simple coup d'œil sur leur page Facebook pour savoir à qui on a à faire, en partant du postulat que leur accès internet n'a pas été coupé par un geek fatigué de tous ces nuisibles et de leurs commentaires obséquieux qui pullulent sur la toile.

 

En attendant de leur trouver une utilité (une commission mondiale d'expert a été mandatée) l'augmentation alarmante de ces nuisibles sociaux doit être enraillée par tous les moyens possibles. C'est à nous, citoyens du monde, de stopper la progression infernale de ces créatures en créant des milices privées qui auront pour mission de dénoncer tout représentant identifié de cette race. C'est un acte de patriotisme.

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